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Vieillissement et rétablissement: quelle évolution pour le statut du sujet en institution ?

Jessica OZENNE - Psychologue clinicienne – Groupe SOS Solidarités, Docteure en psychologie clinique et psychanalyse – Université Paris 7, Paris

Année de publication : 2019

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°74 – Vivre le vieillissement (décembre 2019)

« Quand j’ai visité le foyer pour la première fois, j’ai lu le panneau devant le bâtiment et je me suis sentie glacée. C’était comme entrer dans un tombeau. » Ainsi s’exprime une personne en situation de handi­cap psychique en décrivant son premier contact avec son nouveau lieu de vie, un foyer d’accueil médicalisé. Devant le bâtiment flambant neuf, la pancarte présentant le chantier n’a pas encore été enlevée, il est inscrit en lettre capitales et en gros caractères : « Ici, nous construisons un foyer pour personnes handicapées psychiques vieillissantes. » Comment comprendre cette réaction ? Le poids des signifiants indique-t-il que le statut de personne vieillissante est vécu uni­quement par le prisme de la perte ? Mon expérience clinique au sein d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) spécialisé dans l’accueil d’un public dit « psychiatrique », puis dans un foyer d’accueil médicalisé, vient bousculer cette intuition première qui nous fait penser que vieillir implique uniquement une dégradation.

La question du vieillissement, lorsqu’elle s’intrique avec les troubles psychiques, implique des enjeux cliniques et pratiques nouveaux. Certains chercheurs américains (1) proposent un « âge pondéré » dans le cas des pathologies psychiatriques : en cause, un vieillissement accéléré par la difficulté d’accès aux soins, les parcours d’errance et les effets secondaires des médicaments. Ils situent cette limite du vieillisse­ment des personnes à 55 ans, avec l’idée que les recherches sur les « psychotiques vieillissants » devraient commencer à cet âge. Les données Améli, en 2018, fixent à 10 ans la réduction de l’espérance de vie pour les hommes et 18 ans pour les femmes souffrant de psychose (2). Ces chiffres donnent le vertige. Il n’existe néanmoins pas de données démographiques et épidémiologiques fiables (3) dans le domaine des personnes en situation de handicap psychique vieillissantes ; dès lors, l’étude du phénomène ne dispose pas de réels moyens d’échapper aux préjugés et à la « sensation que » les personnes se détériorent au plan cognitif. (…)

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