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Urgence sociale et catégorisation des publics : les « Roms migrants » sont-ils des « sans-abri » comme les autres ?

Louis BOURGEOIS - Laboratoire Pacte (UMR 5194), Membre de l’Odenore (Observatoire des non-recours aux droits et services), Lyon

Année de publication : 2019

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie, TRAVAIL SOCIAL, PUBLIC MIGRANT, PUBLIC PRECAIRE

Cahiers de Rhizome n°71 – Habiter, co-habiter (avril 2019)

Les processus de catégorisation des « publics » dans le champ des politiques sociales et de l’action sociale ont fait l’objet de nombreux travaux qui mettent en lumière la variété de ces processus (Brodiez-Dolino, 2015 ; Warin, 2010), qu’ils émanent principalement des acteurs politiques ou professionnels, qu’ils soient portés par les personnes concernées elles-mêmes (Pichon, 2001), ou construits au sein du champ scientifique. Dans le cadre de cet article (1), nous interrogerons les liens et cloisonnements entre deux catégories présentes à la fois dans les discours des acteurs des politiques sociales (décideurs politiques, intervenants sociaux, professionnels du secteur) et au sein du champ académique. Il s’agit, d’une part, de la catégorie des « sans-abri » (Gardella et Chopin, 2013) et, d’autre part, de celle des « Roms migrants » ou « Roms en bidonvilles » (Olivera, 2011).

Au sein de la diversité des termes et catégories mobilisées (sans-abri, sans-domicile, sans-domicile fixe, itinérant, etc.), est souvent retenue celle établie par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et l’Institut national des études démographiques (Ined) dont les enquêtes ciblent les individus « ayant passé la nuit précédant l’enquête dans un service d’hébergement ou un lieu non prévu pour l’habitation (rue, parking, cage d’escalier…), désignés comme “sans-domicile”. Parmi eux, ceux ayant passé la nuit dans un lieu non prévu pour l’habitation sont appelés des “sans-abri” » (Yaouancq et Marpsat, 2016). Mais, au-delà de cette définition, établie en fonction des besoins et des contraintes des enquêtes, nous nous attacherons à la définition donnée dans l’ouvrage Les Sciences sociales et le Sans-abrisme (Gardella et Chopin, 2013), qui a pour ambition de contribuer à organiser et structurer le « sans-abrisme » comme domaine de recherche au sein des sciences sociales. Néologisme issu de l’anglais homelessness, ce terme y est défini à travers trois dimensions centrales, soit l’habiter « vulnérable » dans les espaces publics ; son traitement par les institutions d’assistance ; et la démocratie et l’espace donné d’un « chez-soi ». Il correspond ainsi à une « perspective (à la fois) descriptive et compréhensive de la vie à la rue », et met l’accent sur « la dimension processuelle et situationnelle du phénomène » (Gardella et Chopin, 2013, p. 18). (…)

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