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Reconsidérer les frontières du soutien en santé mentale

Lou EINHORN - Psychologue Orspere-Samdarra, Lyon
Vincent TREMBLAY - Chargé d’étude en sociologie Orspere-Samdarra,Lyon
Halima ZEROUG-VIAL - Psychiatre, Directrice de l’Orspere-Samdarra, Lyon

Année de publication : 2019

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie, Sociologie

Rhizome n°73 – Aux frontières de l’humanitaire (octobre 2019)

Si la souffrance psychique d’origine sociale est aujourd’hui reconnue, ses modalités pratiques de prise en charge en santé mentale et les moyens d’y remédier font débat. Dans le domaine humanitaire, face aux limites du modèle médical des besoins individuels en situation d’urgence, le terme de « soutien psychosocial » est depuis de nombreuses années accolé aux expressions définissant les programmes en santé mentale. À l’instar des interventions en santé mentale et soutien psychosocial pensées dans des contextes humanitaires à l’étranger, une offre de soins ou de soutien complémentaire mériterait d’être développée en France, notamment pour accueillir la souffrance psychique des personnes en situation d’exil. Intéressonsnous ici plus particulièrement aux personnes exilées, à partir d’une étude qui porte sur le public bénéficiaire de la protection internationale (1).

Le vécu postmigratoire dans le pays d’accueil peut avoir des effets tout aussi importants, sinon plus, sur la santé mentale des personnes exilées (2), que les événements potentiellement traumatiques vécus dans le pays d’origine ou sur la route migratoire. En effet, les conditions de vie précaires, la nécessité de se déplacer d’une ville ou d’une région à une autre pour être hébergé ou rechercher un hébergement, la procédure d’asile et ses rebondissements peuvent avoir d’importants impacts sur la possibilité ou non de créer des liens et, plus largement, sur la santé mentale. Ce sont alors notamment l’isolement et la difficulté à créer de nouveaux liens dans un environnement souvent peu hospitalier qui constituent une souffrance, évoquée maintes fois au cours des entretiens réalisés dans le cadre de l’étude. Pour les personnes en situation d’exil, s’attacher ou se rattacher, recréer des liens avec des personnes, des lieux et objets, trouver un environnement sécurisant, s’ancrer sont des défis d’autant plus importants que l’assignation aux catégories stigmatisantes « d’étranger », de « migrant », de « sans domicile fixe » est omniprésente dans l’environnement dans lequel les personnes évoluent. (…)

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