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De l’interprétariat au partenariat, l’exemple de Rennes

Philippe LE FERRAND - psychiatre coordinateur Equipe Mobile Psychiatrie Précarité de Rennes

Année de publication : 2013

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES, PUBLIC MIGRANT, Demandeurs d'asile

Rhizome n°48 – Le migrant précaire entre bordures sociales et frontières mentales (Juillet 2013)

La Bretagne comme d’autres régions est confrontée depuis quelques années à l’arrivée de nombreux migrants. Traditionnellement terre d’émigration, elle est devenue terre d’accueil.

La présence de ces demandeurs d’asile à pris tout le monde de court. À Rennes par exemple, on est passé de quelques dizaines de demandes d’asile il y a dix ans à 1500 en 2011 et 2000 en 2012 avec seulement 400 places de Centre d’Accueil pour demandeurs d’asile (CADA) pour le département. L’extrême précarité touche donc la majorité de ces personnes si bien que la ville s’est aussi retrouvée confrontée à l’apparition de squats hébergeant des dizaines voire des centaines de personnes, adultes et enfants. De son côté le Conseil général s’est retrouvé face à ses obligations de prendre en charge 350 mineurs étrangers isolés. L’Équipe Mobile Psychiatrie Précarité (EMPP) de Rennes s’est naturellement rapprochée d’une association d’aide médicosociale aux migrants : le Réseau Ville-Hôpital 35 car cette association possède un « pôle interprétariat » pour accompagner tout entretien médical et social sur la ville de Rennes.

Ce réseau est une association à but non lucratif créée à l’origine en 1991 dans le cadre de la lutte contre le VIH. Son action s’est peu à peu étendue à d’autres domaines du champ médicosocial. Le réseau VIH est devenu le réseau « migrants » tout en gardant une expertise et des actions en lien avec la thématique sida. Il est actuellement organisé en cinq pôles : lutte contre la tuberculose, appartements de coordination thérapeutique, pôle prévention et coordination des soins pour l’infection par le VIH, pôle interprétariat et pôle migrants. C’est le pôle migrants qui héberge le centre médicosocial dédié aux migrants : le centre Louis Guilloux ouvert en 2006. Ce centre propose pour le public migrant des consultations de médecine générale, un accompagnement social et une orientation vers le droit commun. Il s’agit de consultations « passerelle » entre le public migrant et le système de soin. Elles permettent de fournir des informations aux patients et de réaliser un examen médical. L’entretien avec un travailleur social en amont de la consultation médicale permet l’ouverture de droits, l’orientation vers les structures de prises en charge en fonction des problèmes posés. Ces consultations médicosociales sont coordonnées avec un réseau pluri-professionnel identifié sur le département. L’animation de ce réseau est assurée par le pôle migrant de l’association permettant aussi la formation/information des professionnels et la coordination en réseau des partenaires selon une approche de parcours de soin : repérage des personnes, adressage dans des structures d’accueil, orientation et insertion dans le droit commun et naturellement contact avec l’EMPP pour les troubles psychiatriques et la santé mentale. (…)

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