Vous êtes ici // Accueil // Publications // Rhizome // Rhizome n°44 – Ambiguïté de l’accompagnement, précarité de la transmission (Juillet 2012) // L’accompagnement des personnes en difficultés financières en rapport avec des emprunts bancaires

L’accompagnement des personnes en difficultés financières en rapport avec des emprunts bancaires

Jeanne LAZARUS - Sociologue, chargée de recherche au CNRS, membre du Centre de Sociologie des Organisations (Sciences-po)

Année de publication : 2012

Type de ressources : Rhizome - Thématique : TRAVAIL SOCIAL

Rhizome n°44 – Ambiguïté de l’accompagnement, précarité de la transmission (Juillet 2012)

Comment aider les personnes qui connaissent des difficultés financières ? C’est une question que se posent les travailleurs sociaux, les associations, les banques, les pouvoirs publics et même les chercheurs. L’une des réponses qui fait consensus depuis quelques années est l’« accompagnement ». Ce terme recouvre une grande diversité de pratiques, depuis la conseillère en économie sociale et familiale (CESF) mandatée par un bailleur social pour aider une famille au bord de l’expulsion à régler ses dettes de loyer, en passant par des bénévoles qui accompagnent des emprunteurs de micro-crédits et les rencontrent chaque mois pour discuter avec eux de leur « santé financière », jusqu’au salarié bancaire qui, dans le cadre des missions d’intérêt général de sa banque[1], suit de près plusieurs clients en difficultés et organise pour eux des séminaires de formation aux produits financiers, parfois en partenariat avec des associations spécialisées dans le suivi de personnes ayant déposé des dossiers de surendettement.

Si l’accompagnement fait consensus entre des acteurs qui ne sont pas toujours en accord, c’est qu’il résout deux grands problèmes.

En premier lieu, il répond à une contradiction soulignée par les banques : leurs détracteurs les accusent de trop prêter tout en leur reprochant d’exclure du crédit une partie de la population. Il faut donc bien prêter : en accompagnant, c’est-à-dire en prenant le temps de connaître la situation financière des personnes pour s’assurer que le crédit réponde à leur besoin, et ensuite en les soutenant pour leur permettre d’honorer régulièrement leurs paiements. Ce temps qui leur est consacré serait trop cher pour des prêteurs salariant leur personnel (et également pour la banque de France qui ne propose pas d’accompagnement social des personnes surendettées pour des raisons de coût). Ce sont donc des bénévoles associatifs qui peuvent aider les personnes à emprunter dans de bonnes conditions. C’est tout le sens des partenariats qui se sont multipliés entre banques et associations depuis 2005 et la mise en place du fonds de cohésion sociale qui garantit les micro-crédits : les prêts sont accordés par des banques tandis que les bénévoles accompagnent les demandeurs pour monter leurs dossiers puis honorer leurs traites. (…)

Télécharger l’article en version PDF

Publications similaires

Accompagnement des familles de migrants précaires dans un centre médico-psychologique en pédopsychiatrie : Evolution de nos pratiques autour de nouveaux enjeux.

professionalité - accompagnement - migrations - pratiques - CMP - famille

Chantal PETAVY - Année de publication : 2015

Trouver la bonne « distance » dans le suivi de demandeurs d’asile en psychiatrie de ville. A propos d’une expérience auprès de migrants d’Afrique subsaharienne.

clinique - accompagnement - migrations - asile - soin - pratiques

François JOURNET - Année de publication : 2015

Edito

accompagnement - soin - croyance - religion - spiritualité