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Les épreuves d’Albert et de Thierry. Dans les creux se font les pleins

Béatrice DERIES - Sociologue (CRESAL-Université Lyon 2), Formatrice dans une Ecole de travail social (EIASS-Rockefeller, Lyon)

Année de publication : 2008

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie, Psychiatrie, TRAVAIL SOCIAL, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°33 – Prendre soin de la professionnalité (Décembre 2008)

Déplaçons-nous dans une petite ville de banlieue comptant parmi les sites de la politique de la ville française[1]. À ce titre, s’y met en place depuis trois ans une démarche dite « atelier santé ville» située à l’entrecroisement des différents secteurs de l’intervention publique[2]. L’association qui en assure le portage est une sorte de laboratoire d’ingénierie sociale créé quinze ans auparavant par le maire pour expérimenter de nouvelles réponses en matière d’économie sociale. C’est donc de manière totalement diffuse dans le social, sur ce socle associatif de « bricolage » de pratiques alternatives de la solidarité, qu’a commencé à se définir puis s’afficher un territoire d’intervention spécifiquement dédié à la santé. Les questions de santé mentale y occupent dès le départ une place centrale et vont constituer l’un des axes de travail de l’atelier santé ville. Cette action territorialisée de santé s’appuie principalement sur deux fonctions, la coordination et la médiation socioculturelle, exercées par deux salariés de l’association. Elle ne sort cependant de sa virtualité et ne prend corps que dans la relation avec d’autres professionnels au nombre potentiellement infini, en provenance de la diversité des structures médico-sociales, d’insertion et d’éducation populaire de la ville. Ils participent à la production de diagnostics socio-sanitaires et co-animent, aux côtés des premiers, les diverses activités de prévention auprès du public.

Dans cette configuration locale, orientons le projecteur sur deux individus. Albert, 56 ans, psychiatre, praticien hospitalier, est présent depuis trente ans sur ce territoire urbain, depuis qu’il a participé à la création du « secteur » au début des années soixante-dix. Appartenance stable à une profession canonique, inscription dans le champ du soin psychique, figure générationnelle de la psychiatrie de service public, tel est le premier portrait que l’on en esquisse. Thierry, 32 ans, travaille dans la ville depuis quatre années seulement. Son arrivée a coïncidé avec son embauche par l’association sur un poste d’animateur santé. Celui-ci sera bientôt requalifié chargé de mission santé en lien avec une extension de son cahier des charges, rempli en partie par la coordination de l’atelier santé ville. Thierry incarne quant à lui un nouveau métier « de l’insertion et du local »[3], sa qualification sanitaire n’en étant qu’une déclinaison particulière. (…)

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