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De l’Errance à l’attachement. Le « Sans-abrisme » une pathologie du Lien.

Claudine FARINA

Année de publication : 2008

Type de ressources : Mémoires et thèses - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie, TRAVAIL SOCIAL, PUBLIC PRECAIRE

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Avant-propos

D’un point de vue personnel, cette histoire entre l’errance et moi a commencé il y a
longtemps. Fille de parents immigrés, devenue française par naturalisation bien que née en
France, privée de l’affection d’une famille élargie, de mon histoire, de notre culture, j’ai
longtemps cherché mes racines.

Professionnellement, je situe ma rencontre avec les personnes sans abri au moment de mon
premier stage de formation au métier d’Assistante de Service Social. Selon la volonté
fantasque de mon moniteur de stage, qui craignait que je ne sois pas reçue, j’ai été
présentée comme une personne souhaitant écrire un livre sur la vie des sans abri et qui,
dans ce but, effectuait une recherche sur le terrain. Pendant ce stage, je suis allée à la
rencontre de deux personnes très marginalisées. Après avoir vécu dans la rue pendant des
années, elles louaient un deux pièces. Celui-ci était dévasté, il y régnait une puanteur
étouffante et un capharnaüm indescriptible. Ces deux hommes m’ont ouvert leur porte et
m’ont raconté leur vie, leurs années de galère, la violence de leur quotidien et ont joué à
m’effrayer en me montrant une hache cachée sous le buffet.

Lors de ma dernière année d’études, j’ai rencontré d’autres personnes sans domicile qui
étaient liées à un quartier où elles avaient une histoire. Elles venaient solliciter l’assistante
sociale de ce quartier qui, systématiquement, les renvoyait du fait de l’absence de
domiciliation vers un service spécialisé: le Centre d’Accueil et d’Orientation. C’est ainsi
que j’ai entendu parler, de façon assez vague, du C.A.O. (1) Dans mon imaginaire, c’était un
lieu où l’on renvoyait les personnes sans abri, sans considération pour leur histoire avec le
quartier. Sans doute ai-je été marquée inconsciemment par ces personnes qu’il m’était
« interdit » de recevoir. (…)

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