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Généalogie du concept de résilience.

Amélie NILUS

Année de publication : 2018

Type de ressources : Mémoires et thèses - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie, Philosophie

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INTRODUCTION

Le concept de résilience a explosé en quelques années, entrant dans le langage courant où on l’emploie de façon plus ou moins rigoureuse, bien souvent sans référence à une définition précise. Une grande variété de sens et d’usages le caractérise, ce qui semble traduire son importante attractivité et sa relative puissance heuristique. Comme beaucoup d’autres concepts psychologiques, celui de résilience est emprunté à d’autres sciences et utilisé de façon métaphorique pour simplifier la compréhension de phénomènes complexes par référence à des structures ou schémas de pensée déjà relativement familiers. Sa large diffusion a contribué à en brouiller fortement les significations et à en faire oublier certaines connotations, ce qui rend un travail généalogique particulièrement intéressant à effectuer le concernant. L’histoire des concepts psychologiques peut s’avérer d’autant plus importante à retracer que, comme le rappelle Kurt Danziger dans Naming the Mind (1), ceux-ci sont construits mais oubliés comme tels et « taken for granted » (2). Les démarches de ce dernier dans cet ouvrage visent ainsi en grande partie à mettre en évidence l’historicité (3) des concepts psychologiques, et à opérer de la sorte une remise en cause de ces distinctions que l’on accepte généralement sans les interroger, en les considérant volontiers comme constitutives des choses. Moins qu’ « écrire l’histoire » des concepts, il cherche bien à « explorer leur historicité » (4) : il ne s’agit donc pas mettre au jour leur existence sous une forme ou une autre de toute éternité – ce qui relèverait finalement encore d’un traitement anhistorique de ces notions – mais de mettre en avant leur caractère conventionnel, historiquement situé, et de déterminer d’où ils sont issus. Il estime que l’acte de catégorisation implique deux décisions : celle de considérer qu’il existe bien un phénomène tel que celui désigné par la dite catégorie, et celle de lui choisir le bon nom ; c’est cette seconde décision qui va déterminer le sens du terme, dans la mesure où « le sens et la référence sont indépendants »5. Se manifeste alors un intérêt pour les mots eux-mêmes, en tant qu’ils ne sont jamais choisis au hasard et qu’ils sont porteurs de certaines valeurs. Canguilhem, le premier, fit de ce phénomène et de l’histoire des concepts, son objet d’étude. (…)

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