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Demeurant Partout, Intervenant Volontaire

Nicolas BÉRUT - Travailleur social, Membre de Demeurant Partout

Année de publication : 2004

Type de ressources : Rhizome - Thématique : TRAVAIL SOCIAL, PUBLIC PRECAIRE

Rhizome n°17 – Ethique de l’intervention, conflits de légitimité (Novembre 2004)

Demeurant Partout [1] est une association Loi 1901, créée en juillet 2001 en réaction aux carences des dispositifs d’accueil et d’hébergement d’urgence sur l’agglomération lyonnaise. Composée à l’origine d’acteurs sociaux, soucieux de dépasser l’impuissance de leur institution, et de personnes sans domicile fixe, souhaitant s’impliquer dans la recherche de solutions à leurs difficultés, Demeurant Partout est devenue une association de promotion du droit au logement.

Elle a fortement contribué sur Lyon à l’occupation de trois squats, appelés Lieux d’Hébergement Alternatifs (LHA), réponses “hors cadre légal” à l’urgence de situations que nous, travailleurs sociaux,  croisions quotidiennement.  Il nous a en effet semblé que l’obligation de porter assistance aux personnes en danger, rendait notre intervention légitime et nécessaire, malgré l’illégalité en droit de telles occupations. Nous avons d’ailleurs été confortés dans cette approche par  un jugement du Tribunal d’Instance en date du 11 mars 2003, confirmé en appel, qui a accordé un délai exceptionnel d’occupation de 20 mois aux résidents concernés… et qui qualifiait Demeurant Partout “d’intervenant volontaire”.

La naissance de cette association peut aussi s’interpréter comme une illustration des logiques contradictoires qui traversent le travail social, et une tentative de s’en affranchir.

La mission du travail social qui consiste à apporter une aide à des personnes en difficultés a été mise à mal par la défaillance du dispositif d’hébergement d’urgence, incapable d’honorer ses obligations d’assistance [2]… Comment renvoyer à leur condition de sans-abrisme des populations pour lesquelles vous avez une délégation de service public qui vise justement à les mettre à l’abri ? D’une mission d’assistance, le contenu de notre travail a glissé vers la gestion des files d’attente et la priorisation des publics, légitimant ainsi l’idée qu’une population (les SDF “classiques”, les familles, etc.) serait plus légitime qu’une autre (les demandeurs d’asile, les isolés, etc.) à disposer d’un toit. Ce qui revient à affirmer qu’une partie des sans-abri doit accepter sa condition. Ce raisonnement aberrant est encore celui qui guide aujourd’hui les spécialistes de l’urgence sociale… (…)

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