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La psychiatrie aux risques de la santé, Anne Golse

Laurent BOCENO

Année de publication : 2002

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie, Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°9 – La psychiatrie publique en question – 2ème volet : Un héritage à réinventer (Septembre 2002)

La psychiatrie est en crise, certains s’en émeuvent, d’autres tentent d’inventer. Soit. Il serait plus juste de remarquer que la psychiatrie, comme l’ensemble de la médecine, est prise dans un mouvement de transformation de grande ampleur qui effrite le socle sur lequel elle s’était édifiée au XIX°, la maladie, pour lui en substituer un autre fondé sur la notion de santé, définie comme équilibre bio-psycho-social, bien-être, voire capital. Il nous faut montrer comment cette construction nouvelle du savoir médical, pour laquelle nous avons forgé le terme de médecine de la santé, s’articule sur la notion de risque issue de la technique assurantielle et comment elle renouvelle les enjeux de la psychiatrie.

Le risque est la probabilité de survenue d’un événement à l’échelle d’une population. Si, à l’échelle d’un individu, un événement est aléatoire, à l’échelle d’une population, il présente une certaine régularité. C’est la fréquence d’apparition d’un événement à l’échelle de cette population qu’on appelle risque. Rien en soi n’est risque, tout peut l’être si on appréhende sa fréquence de survenue à l’échelle de la population. Ainsi la mort, les accidents mais aussi la maladie sont des risques qui affectent le capital santé de l’individu, mais aussi de la population.

Une telle connaissance ne suffit pas. L’important n’est pas de connaître la probabilité de survenue mais surtout de connaître avec quelles variables (facteurs de risque) ces risques sont liés. Si la dépression est un risque qui atteint chaque année x individus de la population, mieux vaut connaître quels sont les facteurs c’est-à-dire quelles sont les variables qui sont en corrélation positive avec ce risque. En d’autres termes, qu’est-ce qui distingue les personnes atteintes de dépression du reste de la population ? L’analyse statistique des grands nombres montre que le deuil est un facteur de survenue de la dépression.

Le traitement des grands nombres inaugure un renouvellement du modèle étiologique, devenu plurifactoriel : la maladie-risque est liée par une causalité molle à quantité de facteurs bio-psycho-sociaux. Les facteurs de risque par excellence sont ceux qui sont renvoyés à l’individu sous forme de comportements (conduites à risque, alcoolisme…), d’événements de vie ou de caractéristiques sociales. L’individu présentant ces facteurs va se trouver rangé dans la catégorie de population dite à risque élevé et de ce fait cible spécifique d’un certain nombre de démarches visant à réduire ce risque, notamment par une adresse au système de soins. (…)

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