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Comment accompagner et soutenir les personnes en demande d’asile ou reconnues réfugiées dans leurs fonctions parentales ?

Martine GROS

Année de publication : 2013

Type de ressources : Mémoires et thèses - Thématique : TRAVAIL SOCIAL, PUBLIC MIGRANT

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INTRODUCTION

Formatrice français langue étrangère et formatrice sociolinguistique, j’accompagne
depuis une dizaine d’années des parents, notamment des personnes en demande d’asile et
réfugiées politiques, dans l’apprentissage de la langue française. J’observe régulièrement des
adultes en difficulté, qui ont perdu un certain nombre de repères. D’autre part, pour avoir
travaillé avec des « élèves nouvellement arrivés en France » dans le cadre de séances de FLE2,
au collège, dans des zones d’éducation prioritaire et rencontrer les enfants des parents que je
suis, je vois aussi des enfants ou adolescents qui assurent le rôle d’interprète, d’interface entre
les parents et les institutions ; ils se retrouvent ainsi porteurs des problèmes de la famille au
sens large, médiateurs. L’exercice de la parentalité dans un contexte migratoire semble donc
une expérience très complexe. La migration entraîne un bouleversement de la structure
familiale, des places au sein de la famille. Fréquemment, des collègues enseignants déplorent
les absences répétées de certains enfants qui accompagnent les parents à l’occasion des
rendez-vous à la Préfecture, chez le docteur, le psychologue, l’assistante sociale… Ce
phénomène est d’autant plus marqué lorsque la famille habite loin de la Préfecture ou de
l’hôpital. Il faut alors partir, souvent en train et prévoir une journée pour effectuer le
déplacement aller-retour. Rarement les enfants se plaignent ouvertement de cette situation. Ils
semblent agir de façon assez naturelle faisant valoir le principe d’entraide, de solidarité
familiale dans un pays qui leur est étranger. Par contre, plus souvent, les parents témoignent
de la place prise par l’enfant. Récemment, une mère venant du Kosovo, vivant seule avec son
enfant de huit ans m’indiquait que son fils s’occupait de tout : gestion des rendez-vous,
papiers, accompagnement, traduction… Ce petit garçon disait à sa maman qu’elle parlait mal
la langue française et qu’il fallait le laisser faire. La mère semblait appréhender la situation
avec fierté. Elle trouvait son action efficace et on sentait qu’elle était satisfaite de la réactivité
de son enfant, de sa capacité à se débrouiller dans une société qu’elle met plus de temps à
comprendre. (…)

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