Vous êtes ici // Accueil // Évènements et formations // Évènements à venir // Soirées cliniques « Aux frontières du trauma »

Soirées cliniques « Aux frontières du trauma »

Avec le soutien de l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, l’Orspere-Samdarra porte, depuis 2018, un groupe d’échange et de réflexion clinique à destination des professionnels de la santé mentale (psychiatres, psychologues, infirmiers…). Ces séminaires, interdisciplinaires et interterritoriaux, constituent des groupes qui visent la mise au travail d’une thématique. Ils permettent de rassembler les divers points de vue et pratiques sur une même question pour explorer ses enjeux et problématiques.

Inscription en cours

Télécharger le programme des soirées cliniques 2021-2022

En 2021-2022, et en s’appuyant sur la présentation d’études de cas, des discussions sur des textes scientifiques et l’expertise des membres du groupe et d’intervenants extérieurs, les séminaires d’échange et de réflexion cliniques proposés par l’Orspere-Samdarra approfondiront cette année le thème complexe du psychotraumatisme et de ses divers enjeux.

Les soirées cliniques se dérouleront un jeudi par mois jusqu’à juin.

Les prochaines rencontres auront lieu le 17 mars, 14 avril, 19 mai, 09 juin en présentiel.

Lieu: ORSPERE-SAMDARRA, SALLE LUNGDUNUM du Centre hospitalier Le Vinatier (Bron – 69).

Programme 2021-22

Tout replier
Tout déplier

1è soirée : « Quand les esprits troublent les esprits. Trauma et migration », le 14 octobre 2021

Lieu: ORSPERE-SAMDARRA, SALLE LUNGDUNUM du Centre hospitalier Le Vinatier (Bron – 69). 

Intervention de Serena Tallarico, docteure en psychologie, anthropologue et psychologue chercheuse à l’Orspere-Samdarra.

Dans la pratique clinique, ainsi que bien que dans la littérature scientifique, on relève un vaste répertorie des erreurs diagnostiques, notamment lorsque les patients migrants expriment une symptomatologie en lien avec le « monde invisible » et qui se disent (ou qui sont dits) possédés, habités, ou visités par les esprits, les djinns et tous « les êtres de la nuit » . Nous avons collecté et analysé les discours des cliniciens, des patients issus de la migration  et de leurs familles et nous avons restitué un photogramme du suivi psycho-médical.

Nous avons fait l’hypothèse que la maladie des esprits serait pour le patient à la fois l’expression d’une souffrance liée aux traumatismes, ainsi que le pivot du processus de guérison qui passe à travers une quête de sens, une négociation qui interroge l’ici et l’ailleurs, le temps présent et le temps passé, l’individu et le groupe, la famille, le lieu de provenance et celui d’accueil, l’ordinaire et l’extraordinaire, et tous les êtres, et les personnes qui en font partie. Nous sommes arrivés à la conclusion que les esprits ont souvent une fonction «réparatrice» dans le psychisme des patients analysés. L’apparition, ou la possession par l’invisible, peut être également une source de jouissance et de ressourcement narcissique dans le vécu du patient, bien que ce soit une expérience terrifiante.

La brève présentation de ce travail de thèse se veut comme un point de départ des échanges cliniques et des retours d’expérience dans le groupe de soignants, afin de réfléchir ensemble autour de la prise en charge des patients migrants souffrants du psychotraumatisme et victimes de violence et de torture.

2è soirée : « Les traitements pharmacologiques du psychotrauma », le 18 novembre 2021

Intervention de Nicolas Chauliac, Psychiatre au Centre Régional du Psychotraumatisme aux Hospices Civils de Lyon, Docteur en santé publique et évaluation des systèmes de santé, Laboratoire RESHAPE INSERM/UCBL1 et Morgan Fahmi, Psychiatre à la permanence d’Accès aux Soins en milieu psychiatre (PASS Psy) du Centre Hospitalier le Vinatier et à l’Orspere-Samdarra.

Cette séance sera l’occasion de présenter les différentes recommandations en matière de prise en charge pharmacologique du psychotraumatique.

Nous articulerons notre propos entre présentation de connaissances théoriques et empiriques et réflexion autour de cas cliniques, laissant un maximum de place aux échanges entre cliniciens.

3è soirée : « Les empreintes sociales et politiques du psycho-traumatisme », le 16 décembre 2021

Intervention de Nicolas Chambon, sociologue et Gwen Le Goff, politiste, Orspere-Samdarra

A partir de nos travaux doctoraux respectifs, nous discuterons comment la santé mentale, et plus particulièrement le traumatisme auquel sont exposées les personnes migrantes est devenu une préoccupation sociale et politique.

D’une part les acteurs solidaires ont porté sur la scène publique l’importance d’une réponse adaptée dans le champ de la psychiatrie et de la santé mentale.

D’autre part, la puissance publique et les organisations sanitaires ont, ces dernières années, thématisés des « lignes de soin » avec pour référence des pathologies (ie le psychotraumatisme) ou la situation sociale des personnes (ie précaires, migrantes).

Nous discuterons de ces implications de manière théorique, pratique et organisationnelle, pour qu’elles résonnent avec une perspective clinique.

Nous vous invitons à lire ces deux articles sur lesquels va s’appuyer une partie de l’intervention :

https://www.cairn.info/revue-rhizome-2020-1-page-141.htm

https://www.cairn.info/revue-le-sujet-dans-la-cite-2018-2-page-63.htm

4è soirée : « Se shooter au psychotrauma. Trauma et addictions », le 13 janvier 2022

Intervention de Tahar Abbal, psychologue clinicien, équipe de liaison et de soins addictologiques (Elsa) du CHU Avicenne.

L’expérience clinique nous a montré des similarités quant aux mécanismes mis en œuvre chez les sujets addictes et les sujets traumatisés : les clivages, les dissociations, les régressions.

Ces continuités/discontinuités de l’objet drogue et des images traumatiques, ainsi que ce qui les représentent, peuvent donner lieu à des manques et à des insatisfactions. Nous pourrions dire que certains sujets sont pensés par l’objet drogue et drogués par les images du trauma.

« L’esprit » de la drogue ou du trauma fait d’eux des étrangers à eux même et aux autres et, comme l’addiction, le traumatisme provoque le chaos dans le système familial et culturel (Baubet T., 2011) en provoquant des stigmates physiques et psychologiques.

Quelles en sont les répercussions et comment une adaptation psychique du sujet donne-t-elle naissance aux symptômes? Peut-on, par la prise en compte de la dimension évolutive et du contexte culturel, affiner notre compréhension du passage à l’acte chez le traumatisé qui le pousse à s’inscrire à son tour, dans des modèles d’inconduite (Linton) ?

Ces questions offrent un point de départ pour des échanges cliniques et des retours d’expérience dans le groupe de soignants.

5è soirée : « Les langues du Trauma », le 10 Février 2022

Intervention de Ada-Luz Duque interprète et responsable pédagogique et référente du DU Dialogues – Médiation, interprétariat et migration.

La place que les interprètes occupent dans l’accompagnement des personnes exilées et plus particulièrement  dans le contexte des récits traumatiques comme par exemple ceux des demandeurs d’asile reste une problématique qui soulevé beaucoup d’interrogations. Il est très courant d’entendre les interprètes évoquer que leur travail se base avant tout sur un équilibre fragile de médiation entre connaissance des domaines, contextualisation, langue et langage, interculturalité, adaptation, relationnel et écoute. Quel est l’impact de cette écoute chez les interprètes, comment font-ils face à l’indicible et aux spécificités des récits du trauma et quelles ressources trouvent-ils pour se situer dans leur pratique?

Nous pourrions envisager que l’interprète, cette voix tierce, serait un élément à part entière dans le processus thérapeutique, et serait un élément essentiel d’une dynamique groupale de prise en charge dans le soin.

Quelles modalités est-il possible d’envisager pour travailler avec un interprète dans ce type de contexte et quelles perspectives s’ouvrent dans le cadre des suivis des patients souffrant de psycho traumatismes ?

6è soirée : « Au-delà du traumatisme : pratique d'une psychiatrie en EMPP », le 17 Mars 2022

Lieu: ORSPERE-SAMDARRA, SALLE LUGDUNUM du Centre hospitalier Le Vinatier (Bron – 69).

Intervention du Docteur Claire GEKIERE responsable de service EMPP – Equipe Mobile de Psychiatrie Précarité – Centre hospitalier spécialisé de la Savoie (Chambéry).

« Nous travaillons avec ces inclusions stigmatisantes, puisque cette précarité construite amène ces personnes plutôt vers l’Équipe Mobile Psychiatrie Précarité (EMPP) qu’en psychiatrie de secteur, en tout cas en première intention. La mobilité forcée imposée aux migrants est l’obstacle principal à une prise en charge initiale en CMP, une fois dépassés le sentiment d’impuissance initial, le mode d’emploi pour avoir un interprète (excellents en Savoie) et l’ébahissement devant les conditions de vie faites aux personnes.

Ces prises en charge nous confrontent à une double inclusion stigmatisante : soigner des « migrants précaires ». Indemnes de troubles psychiatriques pour la plupart avant de vivre ce qui a provoqué leur exil, « des personnes non malades, mais souffrant soudainement de faits anormaux » (Fassin et Retchman, 2007), ils se retrouvent installés dans une précarité durable par notre accueil en France. En effet, l’inhospitalité des conditions politiques de l’accueil fabrique pour ces personnes un monde social pénurique et souvent violent (Jamoulle, 2013). Chacun sait qu’être privé d’un toit, ne pas avoir le droit de travailler et rester donc dépendant d’une assistance, ne pas savoir quand et comment son sort va se jouer, est néfaste pour la santé mentale et peut provoquer des troubles psychiques qui s’intriquent alors avec le tableau de psychotraumatisme. (…)

Ce travail sur les inclusions stigmatisantes est indispensable si nous voulons faire correctement en même temps notre travail psychiatrique, et soulager des souffrances psychiques intenses et durables et il sera le point de départ pour des échanges cliniques. » (Gekiere, C. (2017). Au-delà du traumatisme : pratique d’une psychiatrie en EMPP. Rhizome, 63, 39-43.  https://doi.org/10.3917/rhiz.063.0039)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

7è soirée : « Médicine et droit d'asile », le 14 Avril 2022

Intervention du Docteur Serge Duperret,  Médecine et Droit d’Asile (MéDA)

MéDA, Médecine et Droit d’Asile est une association née en 2015. Les consultants sont des DA qui ont été déboutés à l’issue de leur entretien à l’OFPRA et qui ont vu leur recours accepté par la CNDA. Ce certificat est une pièce du dossier que l’avocat fera (ou non) valoir auprès de la cour.

L’entretien débute par la réception du récit. Malgré notre désir de laisser s’exprimer le plus librement possible le DA, nous sommes contraints et devons le prévenir que les temps où sont survenus les événements traumatiques sont à rapporter en priorité. En effet, notre spécificité est de mettre en perspective le récit d’une période de vie ayant abouti à l’exil et les constatations médicales qui s’y rapportent, afin de produire un ensemble cohérent ; en cela notre activité se différencie d’un certificat type médecine légale, détaché du récit.

Suit un examen psychologique où les signes de stress post traumatique sont majoritaires. Plutôt que de « réciter » l’ESPT, il faut surtout que nous mettions en exergue que ces signes altèrent (ou ont altéré) le quotidien du DA et qu’ils sont bien en relation avec le (ou les) trauma initial. Ainsi, nous recherchons particulièrement les signes dissociatifs ou les éléments qui permettent de qualifier l’ESPT de « Complexe ». Enfin nous essayons de rendre compte du lien entre les brutalités alléguées et cicatrices éventuelles.

Notre retour d’expérience médicale, dans le domaine de la médecine et droit d’Asile, se veut le point de départ des échanges des pratiques cliniques.

8è soirée : « Mineurs Non Accompagnés et trauma : accompagnement, spécificités et prise en charge », le 19 Mai 2022

Interventions de Morgan Fahmi psychiatre à la PASS du Vinatier et Elodie GAUTIER, psychologue clinicienne auprès de Mineurs Non-Accompagnés au sein du  dispositif Terramies

Les mineurs non accompagnés, ou jeune migrants en errance, présentent fréquemment des intrications de pathologies psychiatriques et addictologiques. Cette présentation sera l’occasion d’échanger des connaissances tant théoriques que cliniques et des expériences dans la prise en charge de cette population vulnérable ainsi que l’occasion de témoigner d’une pratique clinique auprès des MNA au sein d’une structure qui accompagne ces jeunes au quotidien, jusqu’à leur majorité.

La prise en charge de ce public implique d’adapter nos pratiques, quel que soit notre corps de métier et de mieux saisir les enjeux par lesquels ils sont traversés. Si le passé, avant l’arrivée en France et le futur, celui après les 18 ans, les tiraillent alors comment travaille-t-on avec ce présent qui représente un moment charnière de leur parcours ? Comment accueillir et soutenir une dynamique psychique chez ces jeunes qui pour la plupart ne connaissent pas le métier de psychologue. Ce témoignage sera le fruit de ces rencontres afin que nous puissions en échanger ensemble.

9è soirée clinique « Les langues du Trauma », le 30 Juin 2022

Intervention de Ada-Luz Duque interprète et responsable pédagogique et référente du DU Dialogues – Médiation, interprétariat et migration.

La place que les interprètes occupent dans l’accompagnement des personnes exilées et plus particulièrement  dans le contexte des récits traumatiques comme par exemple ceux des demandeurs d’asile reste une problématique qui soulevé beaucoup d’interrogations. Il est très courant d’entendre les interprètes évoquer que leur travail se base avant tout sur un équilibre fragile de médiation entre connaissance des domaines, contextualisation, langue et langage, interculturalité, adaptation, relationnel et écoute. Quel est l’impact de cette écoute chez les interprètes, comment font-ils face à l’indicible et aux spécificités des récits du trauma et quelles ressources trouvent-ils pour se situer dans leur pratique?

Nous pourrions envisager que l’interprète, cette voix tierce, serait un élément à part entière dans le processus thérapeutique, et serait un élément essentiel d’une dynamique groupale de prise en charge dans le soin.

Quelles modalités est-il possible d’envisager pour travailler avec un interprète dans ce type de contexte et quelles perspectives s’ouvrent dans le cadre des suivis des patients souffrant de psycho traumatismes ?

9è soirée clinique « Les langues du Trauma », le 30/06/2022
Le jeudi 30 juin 2022 de 19h30 à 21h
salle Lugdunum, CH Le Vinatier, Bron
20 places
INSCRIPTION À VENIR