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Edito

Jean FURTOS
Michel JOUBERT

Année de publication : 2007

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SANTE MENTALE, SCIENCES HUMAINES, Sociologie, Psychiatrie, TRAVAIL SOCIAL, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°29 – Le voisinage et ses troubles (Décembre 2007)

L’étude du voisinage n’est pas nouvelle. Elle a été abordée de près ou de loin par un grand nombre de travaux sociologiques et autres tout au long du XXe siècle ; elle a aussi été approchée très concrètement par les premières expériences de secteur psychiatrique dans les années 60-70. Pourtant, un numéro spécial sur les troubles de voisinage selon une approche de santé mentale aurait été impensable il y a seulement 5 ans.

Pourquoi cette thématique est-elle devenue évidente aujourd’hui ?

  • La raison la plus souvent mise en avant nous vient des bailleurs, surtout des Offices d’HLM : voilà des années qu’ils interpellent les secteurs de psychiatrie publique, car depuis la diminution considérable du nombre de lits dans les hôpitaux psychiatriques, les malades mentaux sont devenus pour eux un nouveau public, parfois difficile, avec le risque de comportements susceptibles de troubler la tranquillité ou l’ordre public.
  • Mais une seconde raison, plus récente, s’articule sur la précédente : la loi de prévention de la délinquance du 5 mars 2007, dans son chapitre III, authentifie nommément les troubles du voisinage comme susceptibles d’être sanctionnés par le maire : au titre général du bon ordre, de la sûreté, de la sécurité et de la salubrité publique dans sa commune. Cette loi inquiète ceux qui interviennent sur le terrain dans des actions de proximité, car ils redoutent que le sécuritaire ne l’emporte sur le bien commun du vivre ensemble, à maintenir, à construire, à adapter.
  • Une troisième raison, plus profonde, renvoie au sens le plus général que l’on peut attribuer aujourd’hui aux troubles de voisinage : la tendance sociétale lourde à l’individuation et à l’atomisation des individus. Dans ce contexte, les troubles du voisiner nous renseigneraient sur les modifications en cours du lien social et de ses régulations ; jusqu’à ce néologisme inquiétant de dévoisinage, évoqué par C. Lévy-Vroelant et A. Josselin. La nomination « troubles du voisinage » serait alors l’ombre portée d’une perte, celle des voisins. (…)

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