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« Faire cas » du traumatisme dans une consultation d’expertise médicale auprès de demandeurs d’asile

Nicolas CHAMBON - Sociologue, directeur du pôle recherche, Orspere-Samdarra, Directeur de publication de la revue Rhizome, Centre Max-Weber, université Lumière Lyon II, ANR Remilas, Lyon
Roman PETROUCHINE - Pédopsychiatre, Chargé de recherche Orspere-Samdarra, ANR Remilas, Lyon

Année de publication : 2020

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie, PUBLIC MIGRANT

Cahiers de Rhizome n°75-76 – Pair-aidance, interprétariat et médiations (mars 2020)

Accompagner, soigner, soutenir des personnes en situation de migration sont des activités qui demandent aux professionnels et bénévoles de la conviction et des formes d’engagement. La volonté de ceux qui viennent en aide aux per-sonnes migrantes et la croyance que leur action n’est pas vaine est d’autant plus marquée lorsque celles-ci ne parlent pas la langue des acteurs de l’accompagnement. Il est dès lors nécessaire de s’associer à un interprète professionnel pour comprendre au mieux la complexité des situations personnelles, des routes migratoires et des procédures administratives. Les histoires de vie sont effroyables, mais peuvent avoir besoin d’être énoncées. Elles sont extraordinaires, mais à force apparaissent malheureusement ordinaires aux soignants, accompagnants et interprètes. Elles sont indicibles, mais doivent être racontées et traduites dans le cadre de la procédure administrative. En effet, pour les personnes allophones, un travail de traduction est nécessaire. Pour demander l’asile, les personnes ont à exposer leur parcours, le sentiment de crainte qui a motivé leur départ et les persécutions subies. Elles doivent établir la preuve de leur condition de victime, quitte à exhiber leur intimité. Dans cet article, nous nous intéresserons à la manière de rendre compte, d’objectiver et de traduire ce qui s’apparente être un « événement traumatique » – en l’occurrence ici un viol – dans le cadre d’une expertise médicale en présence d’une interprète professionnelle. Nous utiliserons certaines données issues de la recherche « Réfugiés, migrants et leurs langues face aux services de santé » (Remilas)(1), soit des consultations médicales filmées et des entretiens avec des médecins réalisant des expertises auprès des migrants. (…)

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