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Être présent pour ceux qui ne dorment pas

Naël ALI - Agent de sécurité, Aubenas

Année de publication : 2020

Type de ressources : Rhizome - Thématique : TRAVAIL SOCIAL, PUBLIC MIGRANT, Demandeurs d'asile

Rhizome n°77 – Révéler la nuit (juillet 2020)

En tant qu’agent de sécurité, j’ai travaillé de nuit pendant deux ans au centre d’accueil et d’orientation (CAO) situé aux Vans(1), en Ardèche. J’étais en charge de prendre la relève à partir de 20 h soit auprès de l’équipe d’intervenants sociaux du CAO, soit d’autres agents de sécurité. J’assurais mon poste jusqu’à 6 h le lendemain matin, ce qui représente une nuit de dix heures de travail.

Pendant ces heures, j’avais peu de consignes à respecter. Au départ, lors de ma prise de poste, j’avais comme mission de fermer la porte d’entrée à une certaine heure, mais cette consigne n’a plus été appliquée par la suite. En réalité, les personnes hébergées, ayant noué des liens avec les habitants de la commune faisaient de nombreux allers-retours entre leur hébergement et l’extérieur, et les portes du centre, qui étaient cassées, restaient finalement toujours ouvertes. J’étais installé dans un bureau à l’entrée du bâtiment, ce qui me permettait de voir les entrées et les sorties. J’avais comme consigne de réaliser des rondes de temps en temps et de limiter les allées et venues pendant la nuit, notamment des personnes extérieures au Centre(2). Nous avions en effet été confrontés, dans le passé, à un certain nombre de problèmes liés à la prise d’alcool ou de stupéfiants, mais aussi à des maladies hautement contagieuses telles que la gale. Ces situations ont tout de même été rares et les quelques cas que nous avons rencontrés ont été rapidement résolus par les équipes de jour(3).

Vivre la nuit faute de pouvoir vivre la journée

À mon arrivée, la majorité des personnes hébergées étaient arabophones, pour la plupart originaires du Soudan. Ma langue maternelle étant l’arabe, le lien s’est créé rapidement. D’autres personnes hébergées étaient originaires de pays d’Afrique francophone ou d’Afghanistan. De manière générale, les relations se créaient aisément avec elles. Elles cherchaient à nouer des liens, venaient discuter avec moi pendant que j’effectuais des rondes ou m’invitaient parfois à manger avec elles dans leur chambre(4). (…)

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