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Être accompagné par un interprète : entre besoin de reconnaissance et stratégies de résistance

Gwen LE GOFF - Politiste, Directrice adjointe de l’Orspere-Samdarra, ANR Remilas, Lyon
Natacha CARBONEL - Chargée de mission, Orspere-Samdarra, ANR Remilas, Lyon

Année de publication : 2020

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie, Anthropologie, Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Cahiers de Rhizome n°75-76 – Pair-aidance, interprétariat et médiations (mars 2020)

Si la promotion de l’interprétariat et des activités de médiation relevait plutôt d’une posture militante à la fin des années 1990, aujourd’hui, la puissance publique promeut le recours aux interprètes et aux médiateurs dans les équipes de soin(1) (Chambon et al., 2017). Nous assistons actuellement aux prémices de la professionnalisation de l’interprétariat et cela se traduit par la mise en place de nouvelles formations(2). Deux figures se côtoient et sont parfois en tension : d’une part, celle de l’interprète « professionnel » avec des connaissances académiques et techniques ; de l’autre, celle de l’interprète ou médiateur dit « communautaire », qui intervient en tant que pair, dont le socle de compétences se base sur son savoir expérientiel. De nombreuses associations ont recours à ces interprètes souvent bénévoles, formés en situation et dont le rôle est faiblement prescrit (Pian, 2017). Dans les faits, et cela a notamment été mis en lumière par les consultations filmées dans le cadre de l’ANR « Réfugiés, migrants et leurs langues face aux services de santé » (Remilas)(3), les intervenants agissent dans un continuum, entre savoirs techniques et expérientiels, indépendamment de leur statut. En effet, certains interprètes, professionnels ou bénévoles, ont l’expérience de la migration voire de la procédure de demande d’asile (Pian, 2017)(4). De là découle un flou sur les compétences attendues du côté de l’interprète. Dans le domaine de la santé, sa place n’est pas déterminée a priori. Les attentes des soignants vis-à-vis des interprètes fluctuent. Si certains attendent de l’interprète une traduction exclusivement linguistique, d’autres attendent qu’il se positionne comme médiateur et apporte des éclairages sociaux et culturels (Wang, 2016).

De nombreuses recherches s’attachent à présenter le point de vue des professionnels de santé et des interprètes, celui des personnes concernées – interprétées – est peu documenté. Il nous a donc paru important de réfléchir aux attentes et vécus ressentis par les personnes migrantes interprétées en enquêtant auprès d’elles. (…)

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