Vous êtes ici // Accueil // Publications // Rhizome // Rhizome n°77 – Révéler la nuit (juillet 2020) // Enjeux et paradoxes du travail social de nuit

Enjeux et paradoxes du travail social de nuit

Maud BIGOT - Directrice opérationnelle du pôle Urgence, Alynea, Lyon

Année de publication : 2020

Type de ressources : Rhizome - Thématique : TRAVAIL SOCIAL, PUBLIC MIGRANT, PUBLIC PRECAIRE

Rhizome n°77 – Révéler la nuit (juillet 2020)

Les Samu sociaux de France sont des structures financées par les pouvoirs publics, dont la vocation est d’aller à la rencontre des personnes à la rue en répondant aux signalements du 115 et en effectuant des maraudes. Dans le Rhône, à l’année, le service est constitué de dix travailleurs sociaux intervenant en journée. À la demande de l’État, ce dispositif est renforcé du 1er novembre au 31 mars par des équipages de soirée intervenant de 19 h à 1 h du matin. À l’échelle nationale, ce renfort tient à la gestion saisonnière des problématiques de sans-abrisme. Il s’agit d’un paradigme de l’intervention publique considérant que, lorsqu’il fait froid, il importe d’engager des moyens supplémentaires(1) à destination des personnes sans-abri pour tenter de prévenir les décès dans l’espace public et, à défaut, garantir aux citoyens l’affichage d’une assistance auprès des personnes vulnérables. Quel sens donner aux interventions de nuit, elles-mêmes saisonnières, dans le contexte lyonnais de très forte saturation du dispositif d’hébergement(2) interdisant (sauf exception) les mises à l’abri immédiates(3) ? Nous montrerons ici de quelle manière nous tentons de nous réapproprier la commande publique, tout en étant conscients de ses fondements et ses visées, pour essayer de proposer un travail social de nuit. Cette ligne de sens contraint, en soirée, à l’impuissance, mais elle permet aussi de construire des amorces de liens et de perspectives pour et avec les personnes concernées.

Le Samu social de Lyon : « aller vers » dans un objectif d’accès aux droits

Sur les territoires, chaque Samu social construit sa pratique en fonction du contexte local et de son idéologie fondatrice(4). À Lyon, à partir d’un « aller vers(5) » inconditionnel, nous avons fait le choix de nous positionner en acteur du travail social en défendant une pratique consistant non pas à contribuer à la sélection des personnes dans l’accès à l’hébergement, mais à participer, depuis la rue, à ce que tous les individus rencontrés puissent faire valoir leurs droits (à l’hébergement stable et au logement, à la domiciliation, à la santé).

Télécharger l’article en version PDF

Publications similaires

Edito

hébergement - détention - sommeil - inégalité sociale

Gwen LE GOFF et Natacha CARBONEL - Année de publication : 2020

Habiter son monde

hébergement - habiter - logement - accompagnement - logement d'abord - un chez-soi d'abord

Nicolas CHAMBON - Année de publication : 2019

Bénéficier d’une protection internationale… Et après ? Pour une prise en charge effective en santé mentale. Etat des lieux sur l’accès aux soins et la santé mentale des personnes bénéficiaires de la protection internationale en région Auvergne-Rhône-alpes.

hébergement - accès aux soins - interprétariat - réseau - état des lieux - psychotraumatisme - protection internationale - intégration - inclusion - demandeur d'asile