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Appréhender la nuit

Julien AGOSTINI - Enseignant, Lyon

Année de publication : 2020

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SANTE MENTALE, Psychologie

Rhizome n°77 – Révéler la nuit (juillet 2020)

Vers la fin de l’année 2018, j’ai arrêté un traitement lourd établi huit ans plus tôt suite à une dépression majeure. Après toutes ces années, je ressentais de moins en moins le goût de vivre. J’avais l’impression de m’éteindre à petit feu. Mon psychiatre s’est résolu à me faire arrêter ce traitement et m’a prescrit des benzodiazépines pour assurer la transition. J’appréhendais cet arrêt car je ne savais pas si j’allais être capable de m’en sortir. Un médecin peu avisé m’avait dit que j’étais malade et qu’il me faudrait prendre ce traitement à vie. J’en ai profité pour commencer une thérapie cognitivo-comportementale (TCC), dont j’allais avoir grandement besoin.

L’arrêt s’est plutôt bien déroulé, à un détail près : je n’arrivais plus à dormir. Moi qui me plaignais de ne plus ressentir grand-chose, j’ai été servi. J’avais l’impression qu’une flamme s’était rallumée, mais qu’elle ne voulait plus s’éteindre, comme une bougie qu’on oublie le soir et qui brûle dans la nuit. Les premières nuits de sommeil ne dépassaient pas une ou deux heures. Cette phase infernale a duré quelques semaines. N’ayant jamais vraiment connu l’insomnie jusqu’alors, j’étais profondément déstabilisé. Avec le soutien de ma psychologue et celui de ma conjointe, j’ai toutefois réussi à appréhender ce nouveau rythme. J’avais un choix simple, mais difficile à faire : soit reprendre le traitement (qui me permettait de dormir neuf heures par nuit), soit avancer avec confiance, en acceptant d’endurer les insomnies jusqu’à ce que je retrouve mon équilibre. J’ai choisi d’endurer, et les mois qui suivirent furent laborieux : mine de fantôme, stress, irritabilité, perte de poids, problèmes de concentration, d’attention, de mémoire, de digestion, douleurs dorsales, malaises, crises de nerfs… Je supportais très mal le manque de sommeil. (…)

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