Vous êtes ici // Accueil // Publications // Rhizome // Rhizome n°74 – Vivre le vieillissement (décembre 2019) // Quelle place en Ehpad pour les personnes âgées dites « psychotiques » ?

Quelle place en Ehpad pour les personnes âgées dites « psychotiques » ?

Georges JOVELET - Ancien chef de pôle de psychiatrie du sujet âgé, Consultant en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), Prémontré

Année de publication : 2019

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°74 – Vivre le vieillissement (décembre 2019)

Les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) accueillent des personnes âgées de plus de 85 ans, dépendantes, polypathologiques et porteuses d’atteintes cognitives. La cohabitation avec les patients issus des services de psychiatrie, orientés dès l’âge de 60 ans est difficile pour les résidents, les équipes et les familles. Cette réalité est occultée ou tenue comme secondaire par les équipes qui adressent ces patients, les Ehpad qui les reçoivent et les pouvoirs publics garants de la qualité de vie au sein de ces établissements.

La double stigmatisation, par l’âge et par l’étiquette de « patients chroniques », que subissent les personnes psychotiques en Ehpad justifie qu’elles soient mieux identifiées afin d’améliorer leurs conditions de vie et leur destinée. L’admission de ces patients, quelle que soit leur origine (domicile, foyer ou hôpital psychiatrique) résulte d’une triple réalité historique. La première concerne le processus de chronicité liée à la maladie mentale, qui affecte non pas un moment de la vie, mais l’existence même de ces sujets, et qui se conjugue à la suraliénation liée à une hospitalisation prolongée et à la discrimination ambiante. La seconde fait référence à une approche gestionnaire qui induit un décalage entre les besoins et les capacités d’accueil, conduisant à l’envoi d’aliénés puis de malades mentaux considérés incurables dans les hospices, les maisons de retraite puis les Ehpad. Enfin, la troisième réside dans une organisation des soins tributaire des théories sur la maladie mentale et des pratiques qui traversent l’histoire de la psychiatrie : du traitement moral à l’hérédo-dégénérescence, de la psychopathologie et la psychothérapie institutionnelle aux neurosciences. (…)

Télécharger l’article en version PDF

Publications similaires

Enjeux éthiques du consentement à l’entrée en Ehpad

vieillissement - consentement - éthique - droit - psychosocial

Véronique LEFEBVRE DES NOETTES - Année de publication : 2019

L’envers du vieillissement « réussi » : de la solitude au suicide des personnes âgées en France

vieillissement - exclusion - suicide - isolement - vulnérabilité

Arnaud CAMPEON - Année de publication : 2019

Le vieillissement des personnes en situation de handicap à l’épreuve des politiques catégorielles

vieillissement - handicap - politique publique - médecine générale - santé mentale - trouble