Vous êtes ici // Accueil // Publications // Rhizome // Cahiers de Rhizome n°67 – Supporter le travail ? (Avril 2018) // L’hôpital psychiatrique à l’ombre de la nouvelle gestion publique

L’hôpital psychiatrique à l’ombre de la nouvelle gestion publique

Frédéric MOUGEOT - Sociologue, Membre du Centre Max Weber (UMR 5283), Lyon

Année de publication : 2018

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie, Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Cahiers de Rhizome n°67 – Supporter le travail ? (Avril 2018)

Chaque semaine, l’équipe hospitalière se retrouve pour la réunion de « staff ». Cette réunion débute systématiquement par « un point sur les entrées et les sorties de la semaine ». Animée par Raphaël Favre(1), le médecin responsable de l’unité, cette réunion regroupe l’ensemble des professionnels catégorisés comme « soignants » dans l’unité psychiatrique. Elle est l’occasion d’évoquer les cas des patients hospitalisés, de donner des indications relatives au cadre de soin prévu pour chacun, aux projets mis en place avec eux, et d’évaluer le temps a priori nécessaire pour qu’ils soient en mesure de sortir de l’hôpital.

Cette réunion s’ouvre systématiquement sur ce qu’il est convenu d’appeler les « mouvements » dans l’unité, c’est-à-dire les flux de patients entrant et sortant de l’unité au cours de la semaine. Les échanges qui y prennent place témoignent de la manière dont se reporte la pression des lits sur le travail des soignants (Belorgey, 2010). Les informations retenues comme pertinentes renvoient avant tout à une logique comptable dans laquelle les flux priment sur les cas singuliers. Le médecin responsable de l’unité y énumère les noms des patients en indiquant leur statut en fonction de la proximité de la place qu’ils occupent dans les flux de patients au sein de l’unité :

« Monsieur P. est sortant(2), Monsieur N., qui était en C.I. (chambre d’isolement), prendra le lit de Monsieur P., Monsieur G. sortira vendredi et Monsieur X. prendra son lit. (…) Mademoiselle I. sortira lundi. Nous avons aujourd’hui une entrée, Mademoiselle Y., qui est en subsistance(3) à Pinel 2. Elle est arrivée hier pour une B.D.A. (bouffée délirante aiguë). Nous avons en ce moment quinze patients en subsistance et l’unité des urgences(4) nous met une pression de plus en plus forte. Nous allons tenter au maximum de garder le cap mais le service des urgences a une politique d’entrée de plus en plus étonnante. Bon(5). » (…)

Télécharger l’article en version PDF

Publications similaires

Travailler quand on est détenu : un support pour mieux vivre la détention ?

travail - détention

Fabrice GUILBAUD - Année de publication : 2018

Évolution du travail à l’Assurance maladie. Quand le recours à la nouvelle gestion publique redéfinit l’identité professionnelle des guichetiers

travail - management - identité - professionnalité

Céline GABARRO - Année de publication : 2018

La prise en compte par l’OCDE de la souffrance au travail et du rôle de la hiérarchie

travail - souffrance psychique - prévention - santé mentale