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Le sexuel ? Du traumatisme !

Jacques CABASSUT - Psychanalyste, Professeur de Psychopathologie clinique Nice / Saint Laurent d’Aigouze

Année de publication : 2016

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie

Rhizome n°60 – Sexualités (Juin 2016)

Telle est la position freudienne, invariable depuis les « Études sur l’hystérie » (1895) jusqu’à « l’Homme-Moïse » (1939), quels que soient les remaniements de la théorie traumatique imposés par la clinique des névroses de guerre ou de l’hystérie.

Le sexuel est traumatique car pulsionnel.

La pulsion n’est pas l’instinct, ce savoir génétique, « naturel » de l’animal, qui lui dicte de façon programmatique ses conduites et ses comportements [dont sexuels] dans l’assouvissement de ses besoins. Chez l’homme, le besoin mute en pulsion du fait d’être déchiré entre les exigences biologiques et langagières : le sujet est séparé de l’organisme par le langage et la parole [1]. Orale, anale, invocante [voix] ou phallique, la pulsion nous empêche ainsi de régresser à la conception naturaliste et biologisante de la sexualité, reproduction de l’espèce ou accomplissement du « stade » génital.

Le sexuel est traumatique car pulsionnel… ce qui vaut pour le sujet de l’individuel comme du collectif.

À la place, tout sujet construira un rapport à lui-même, aux autres et au monde dans le travail permanent d’appareillage langagier de cette poussée, de cette énergie sexuelle pulsionnelle [ou libido] : le corps sexué est aussi et avant tout « un corps de signifiants » pour Lacan [2]. Chacun devra inventer le dialecte intime [symptôme, fantasme, …] du ratage qui est le sien, à faire rentrer dans les mots ou les images, bref dans la représentation, ce sexuel pulsionnel qui n’y rentre pas puisqu’il insiste et résiste [à se dire, à se vivre, à se penser…] comme Réel : hors-sens, non anticipable, « mauvaise rencontre »… du sexuel [3], de la maladie, de la mort, de la folie… (…)

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