Vous êtes ici // Accueil // Publications // Rhizome // Rhizome n°57 – Des territoires fragmentés: enjeux psychiques et politiques (Juin 2015) // Ville, espaces et précarité : l’urbain contre la santé mentale… tout contre ?

Ville, espaces et précarité : l’urbain contre la santé mentale… tout contre ?

Nicolas FIEULAINE - Groupe de Recherche en Psychologie Sociale, Université de Lyon

Année de publication : 2015

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie

Rhizome n°57 – Des territoires fragmentés: enjeux psychiques et politiques (Juin 2015)

Si elles questionnent la ville, c’est que les existences précaires, marquées par l’incertitude, le sentiment d’inutilité au monde et d’absence d’avenir, n’y trouvent presque aucun espace pour y projeter leurs usages. Dans les villes pensées pour les marchands, la fonctionnalisation des espaces, sous la forme de linéaires commerciaux, d’aires de jeux et de détente, d’agoras citoyennes ou encore de jardins « partagés »,laisse peu de place à l’inscription de pratiques a-fonctionnelles ou erratiques, privées ou se passant d’utilité sociale[1]. Si la ville a peur des vides et des espaces mentaux que ceux-ci sont susceptibles d’ouvrir, il faut alors interroger sa volonté et sa capacité à se concevoir comme un espace accueillant les dispositions à l’occuper forgées dans la violence des exclusions sociales.

Mais quels usages, forgés par quelles conditions ? Ceux par exemple qu’il nous a été donné d’explorer lors d’une enquête menée dans un pôle d’échange multi-modal, le Centre d’Echanges de Lyon-Perrache (CELP)[2], centrée sur les usages caractérisés de « non-conformes » par les gestionnaires du site. Comme tout équipement accueillant une activité fortement régulée telle que le transit des voyageurs, le centre d’échange défini une fonctionnalité centrale, la circulation, tout en impliquant une marginalité dans les usages, usages qui ne rejoignent aucune des fonctions identifiées et régulées du site, et dès lors qualifiés de “non-conformes” par le règlement intérieur.

Une première forme de ces usages marginaux consiste en des circulations qui paraissent aléatoires, rejoignant parfois le flot des passants pour s’en détacher un peu plus loin, qui rappellent des arpenteurs procédant par circulation discontinue et entrecoupée de périodes de stationnement, seul ou à plusieurs. (…)

Télécharger l’article en version PDF

Publications similaires

La précarité n’est pas une situation exceptionnelle

précarité - mort - hôpital - accompagnement

Régis AUBRY - Année de publication : 2017

Regard critique sur les usages sociaux et politique de la souffrance psychique

précarité - exclusion - souffrance psychique

Zahia KESSAR - Année de publication : 2001

Recours aux droits sociaux et accès de violence

précarité - accompagnement - violence - droit - émotion