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Qu’est-ce que participer pour les usagers ?

Pauline RHENTER - Sociologue Laboratoire de santé publique, Faculté de Médecine, Marseille
Natacha CARBONEL - Chargée de mission Orspere-Samdarra

Année de publication : 2015

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie

Rhizome n°58 – La participation des usagers en santé mentale (Novembre 2015)

Les focus groupes ont réuni environ dix personnes dans les locaux de l’association Les Nomades Célestes. Le local est situé au cœur du centre-ville de Marseille, très proche du Vieux Port. Le groupe a été recruté par Marianne Constanzo, usagère de la psychiatrie, en formation pour devenir travailleur pair et membre de l’équipe de recherche constituée par l’Orspere-Samdarra, à partir d’un unique critère minimal : avoir une expérience des services de psychiatrie. Chaque participation à une séance de travail a été rémunérée à hauteur de trente euros.

Avant d’amorcer une réflexion autour de la participation au conseil local de santé mentale de Marseille (Cosm), instance de concertation largement méconnue des usagers concernés ayant participé aux focus groupes, une première discussion a permis d’explorer ce que « participer » pouvait signifier : « Participer c’est s’investir, agir… », « (…)  Il s’agit de mutualiser des moyens d’un groupe par rapport à une solitude de l’individu ». Les membres des focus groupes y ont associé le fait d’avoir une utilité sociale, de contribuer à la solidarité, qu’il s’agisse d’entraide interpersonnelle, d’engagement au sens d’une responsabilité collective ou de participation à une population dite active – monde du travail.

Les témoignages et réflexions recueillis durant ces temps d’échanges ont ceci de frappant qu’ils constituaient en premier lieu une dénonciation partagée de représentations ordinaires stigmatisantes, grevant a priori les personnes considérées comme ayant des troubles psychiatriques d’une incapacité à penser par elles-mêmes, à habiter ou même à travailler : « (…) Sans avoir un handicap physique, tu as quand même un handicap. C’est ton handicap qui est mis en avant et qui va se servir contre toi ». Les conséquences débouchent sur toutes sortes de discriminations ou de précarité. Être « considéré », comme préalable au fait d’être entendu, telle a été l’une des revendications majeures ayant émergé lors de ces temps de parole, revendication non-spécifiquement fondée sur l’expérience des services de psychiatrie, mais travaillée à l’aune du vécu quotidien de personnes « vivant avec une étiquette de malade psychiatrique ». (…)

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