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On n’apprend pas le tango par correspondance

Céline LETAILLEUR - Personne usagère-citoyenne militante. Présidente de l’association Frontières Invisibles qui lutte contre la stigmatisation et les discriminations, de représentation et pour la défense des droits des usagers et de l’entraide

Année de publication : 2015

Type de ressources : Rhizome

Rhizome n°58 – La participation des usagers en santé mentale (Novembre 2015)

En trois ans, je suis devenue présidente de l’association citoyenne mixte et indépendante Frontières Invisibles, bénévole, militante, usagère-représentante des usagers en santé mentale au sein du conseil de surveillance d’un complexe hospitalier, de Copil [1] du Repsy Red76, réseau de réhabilitation psychosociale, de réunions préparatoires pour un CLSM [2], d’une association cherchant à faciliter l’accès à la culture… L’agence régionale de santé a refusé ma demande de participation à la CRUCPC [3] car je ne faisais pas partie d’une association agrée, répondant aux « critères ». Je suis devenue communicante participant à des colloques, usagère formatrice, experte d’expériences au sein d’un protocole de recherche du CCOMS [4], usagère chercheuse, pair aidante… Cumul de mandats me direz-vous et pourtant aucun salaire ! Pourquoi si peu de personnes « usagères » engagées ? À quels critères faut-il répondre pour faire partie du vivier d’usagers qui sont utilisés si besoin ?

En toute humilité, je me suis perdue… J’ai choisi de me former en intégrant le Diplôme Inter-Universitaire (DIU) « Santé mentale communautaire », le Diplôme d’Études Supérieures Inter-Universitaire (DESIU) « Pratiques orientées autour du rétablissement », le Master 2 professionnel « Ingénierie et fonction d’accompagnement » ; stratégie pour légitimer ma posture, pour que l’on ne puisse plus me dire que je n’ai pas les compétences. J’ai fait passer des entretiens à des personnes ayant un parcours en santé mentale ; aucune ne savait ce qu’était « la participation des usagers ». Triste constat. La marge de manœuvre est plus que restreinte, elle est formatée. On sort très rapidement de la posture du « bon usager ». Tellement d’obstacles, de mauvaise foi, de bonnes intentions, d’enjeux économiques et politiques… Aujourd’hui transfuge, je sais juste à quel monde je veux participer, et investir le champ de la recherche et de la formation est mon axe de lutte. (…)

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