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La relation thérapeutique à l’épreuve de la langue

Jessica OZENNE - Psychologue clinicienne, Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD)

Année de publication : 2015

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie, PUBLIC MIGRANT

Cahiers de Rhizome n°55 – L’interprétariat en santé mentale (Février 2015)

Clinique du rapport soignant-soigné et confusion du langage en EHPAD

Lorsqu’elles atteignent l’âge de soixante ans, les personnes vulnérables souffrant d’un trouble en santé mentale « sortent » de nombreux dispositifs en ce qui concerne leur hébergement quand la vie au domicile s’avère impossible. Les foyers, les appartements thérapeutiques, maisons d’accueil spécialisées, et autres structures médico-sociales sont soumis à cette limite dans leurs critères d’admission et dans leur financement. Ensuite l’usager bascule dans un autre dispositif : l’EHPAD[1]. Là où le réseau des structures sanitaires et médico-sociales est assez étoffé et propose des accompagnements variés, l’EHPAD devient une structure unique d’accueil des usagers en situation de dépendance.

Pourtant les établissements sont très réticents lorsqu’il s’agit d’accueillir des personnes souffrant de troubles mentaux, et les places sont rares. La structure dans laquelle j’exerce à fait le choix d’un accueil des publics « à la marge » – un système d’aide sociale finance l’hébergement des usagers – en prônant la créativité dans les prises en charge. En effet nous rencontrons souvent des problématiques inédites en EHPAD, pour lesquelles il n’existe pas forcément de dispositifs de soin adaptés. Ainsi on retrouve, dans un même lieu, des personnes aux parcours de vie très différents : personnes âgées souffrant d’une maladie dégénératives, usagers auparavant suivis dans les secteurs de psychiatrie, personnes en errance qui ne peuvent plus vivre dans la rue compte-tenu des pathologies liées à l’âge.

A cette équation s’ajoute la problématique de l’exil, notre structure ayant eu la vocation, dès l’ouverture, d’accueillir un public de « migrants vieillissants ». R Gallou évoque, à propos des foyers de travailleurs migrants, ces « non lieux pour des hommes invisibles […], les municipalités découvrant parfois à l’occasion d’une réhabilitation ou d’une demande d’intervention partenariale leur existence »[2]. Les professionnels qui accompagnent les usagers sont souvent issus de l’immigration, certains maîtrisant eux même difficilement la langue française. Ils sont en première ligne lorsqu’il s’agit de traduire les paroles des usagers. (…)

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