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Espaces publics sous surveillance : gestion des troubles et normalité

Brice BANCHET - Doctorant en Sociologie, Centre Max Weber - Université Lyon 2

Année de publication : 2015

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie

Rhizome n°57 – Des territoires fragmentés: enjeux psychiques et politiques (Juin 2015)

La généralisation depuis le début des années 2000 des dispositifs de contrôle et de sécurité dans les espaces publics, tels que la vidéosurveillance, suscite un questionnement pour le moins ambivalent : d’une part à propos de la prétention de ces dispositifs à rassurer et à sécuriser les usagers de ces espaces, et, d’autre part, sur leur propension à susciter la crainte et la méfiance quant à l’utilisation qui en est faite et leurs objectifs réels.

A Lyon, par exemple, la vidéosurveillance s’inscrit dans une politique dite de prévention situationnelle, laquelle se veut pionnière en la matière et qui consiste à « prendre en compte dans les projets d’aménagement ou de construction, la réalité des phénomènes d’insécurité existants ou prévisibles dans l’environnement du projet »[1]. Il s’agit alors non plus de s’intéresser aux conditions sociales d’apparition des actes délictuels, mais aux situations de passages à l’acte délictuel favorisées par les conditions spatiales[2].

Plusieurs principes ont été définis pour la mise en œuvre de cet objectif, parmi lesquels la « visibilité » (voir et être vu), la « lisibilité » (définir les lieux), la « surveillance naturelle » (dissuader et rassurer) et la « territorialité » (se sentir appartenir à un espace et se l’approprier). L’application de ces principes en termes d’aménagements et de mobiliers urbains est censée favoriser, encourager, inciter des usages et des comportements attendus par l’autorité publique. A ces espaces, et les êtres qui les composent, humains et non-humains, est déléguée une capacité d’agir, d’autoriser, d’interdire et de sanctionner.(…)

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