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Le syndrome de Diogène et les situations apparentées d’auto-exclusion sociale et précarité? Cas cliniques

Laurence HUGONOT-DIENER - psychogériatre du SAMU Social, du réseau Mémorys : réseau gérontologique Paris centre et sud, et de l’hôpital Broca, APHP, Paris 13ème
Catherine WONG - psychiatre, Paris 15ème
Emmanuel DEVOUCHE - enseignant-chercheur, Université Paris Descartes, Laboratoire Psychopathologie et Processus de Santé (EA4057)

Année de publication : 2014

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie, SCIENCES MEDICALES, Gérontologie, PUBLIC PRECAIRE

Rhizome n°51 – Actualité et sens de l’accompagnement au logement (Janvier 2014)

Nous suivons des patients ayant un syndrome de Diogène depuis plusieurs années dans le cadre de réseau gérontologique ou de façon plus informelle, en qualité de médecins gériatres et psychiatres, en collaboration avec la coordinatrice du CLIC (Centre Local d’Information et de Coordination) du 15ème arrondissement de Paris dans un premier temps, et à la demande de nombreux services sociaux dans un second temps. Nous avons été amenés à intervenir, sur signalement d’un danger (incendie, explosion) ou d’une nuisance (odeurs, parasites), auprès d’un petit nombre de personnes plus ou moins âgées et ayant un syndrome dit de « Diogène ».

Ces personnes ne demandent rien alors qu’elles auraient besoin de tout, c’est à dire besoin à la fois de soins et d’une remise en état du domicile. Dans un certain nombre de cas, même si ces patients ne sont pas en situation de précarité, il y a des arrêtés d’expulsion qui peuvent les mettre à la rue et ils sont alors des Diogènes sans domicile fixe.

Historique

Il semble que ce phénomène ait existé depuis très longtemps et dans tous les pays. On a tous entendu parler de sorcières, de Baba Yagas, d’enchanteurs, d’ermites. Si on regarde bien l’imagerie populaire de ces personnages on retrouve les critères permettant de faire un diagnostic a postériori.

A notre connaissance la première description clinique de ce syndrome a été effectuée par Ernest Dupré(1) qui va donner à sa publication un titre étonnant : « les mendiants thésauriseurs ». Il utilise cet oxymore pour rendre compte de la présence « paradoxale de la misère et de la richesse ». Il est le premier à signaler que la précarité peut se différencier radicalement de la pauvreté.

À partir de 1957, une série de publications de Duncan Macmillan(2) va de nouveau attirer l’attention sur ce type de situations qu’il va nommer tantôt « Social Breakdown », tantôt« Senile Breakdown ». (…)

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