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Faire avec des normes plurielles et contradictoires : le travail de l’ambivalence

Bertrand RAVON - Enseignant-chercheur en sociologie, Centre Max Weber, Université Lyon 2

Année de publication : 2014

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie, TRAVAIL SOCIAL

Rhizome n°53 – Santé mentale : se servir du droit comme d’un outil (Août 2014)

Ces vingt dernières années, de nouvelles normes juridiques et administratives se sont imposées avec force dans le domaine de l’aide aux personnes en situation de vulnérabilité sociale et sanitaire. D’une part, la promotion du droit des usagers a bouleversé la dynamique de la relation d’aide : les objectifs et les modalités de l’action, qui auparavant étaient définis a priori, sont dorénavant le produit d’une codéfinition plus ou moins réussie entre des intervenants qui doivent s’adapter à la singularité des situations et des personnes accompagnées qui doivent montrer en quoi elles sont responsables et ce dont elles sont capables. La négociation s’est ainsi imposée jusqu’au cœur de l’action, au sein même des situations. D’autre part, et avec la prolifération des dispositifs d’aide et des procédures de mise en œuvre et d’évaluation de l’action, le contexte organisationnel et économique du travail relationnel s’est progressivement tendu. L’importation du nouveau management public dans les politiques sociales et de soin place dorénavant la relation d’aide sous un régime de l’efficience (réduction des coûts budgétaire, politique des résultats). Non seulement, les normes deviennent des procédures, mais elles tendent à banaliser toute relation d’aide comme une relation de service standard.

Transformation des normes, transformation du rapport à la norme

Confrontés à ces profondes transformations des normes de l’action, les professionnels du travail social et de la santé mentale, et tout particulièrement ceux engagés au front de l’action, ont été fortement et doublement bousculés dans leurs repères et dans leurs pratiques. En effet et schématiquement, le fondement des normes de l’action ne tient plus dans la seule mission, définie en amont et de manière indiscutable au sein de politiques publiques votées au parlement, puis reprises et appliquées par des institutions (services de l’Etat, associations agréées, établissements et structures dédiés). Dorénavant, les normes qui disent le bien commun sont également produites dans d’autres instances. D’une part au cœur de l’intervention, dans les interactions quotidiennes avec les usagers. Par commodité, on parlera en ce sens de normes situées. D’autre part, elles émergent au sein d’agencements locaux bureaucratiques et/ou réglementaires ; on parlera alors de normes procédurales. (…)

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