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Travail sur Soi et (dé)régulation de l’intervention sociale

Didier VRANCKEN - Docteur à l’Institut d’Etudes politiques de Paris, Professeur de Sociologie à l’Université de Liège
Rachel BRAHY - Doctorante en sciences politiques et sociales à l’Institut des sciences humaines et sociales de l’Université de Liège

Année de publication : 2013

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie, TRAVAIL SOCIAL

Rhizome n°49-50 – Reconnaître l’invisible, gouverner l’imprévisible (Octobre 2013)

Pourquoi parler de « travail sur Soi » dans des univers tels que ceux de l’accompagnement des personnes handicapées, des hôpitaux, des soins à domicile, des prisons, des dispositifs d’insertion socioprofessionnelle ou encore de santé mentale ? Bref, au sein d’univers où les usagers/bénéficiaires n’ont, en principe, pas pour mission de produire un travail mais sont plutôt en droit d’attendre un service, une aide, une prestation ? Quel « travail » réaliseraient, entre autres, les malades en milieu hospitalier, appelés avant tout à demeurer « patients » ? Et, qu’en est-il des personnes âgées précisément situées en dehors du rapport au travail, des personnes handicapées reconnues inaptes, des chômeurs exclus du marché de l’emploi, des prisonniers coupés du reste du monde ?

Il faut se rappeler, face à ces questions, que l’idée même d’un « travail » produit par les publics d’usagers des services n’est en rien une idée neuve. Nombre de travaux sociologiques nord-américains ont montré, de longue date, que les usagers des services accomplissaient des tâches très concrètes sans lesquelles le travail ne serait jamais mené à bien par les professionnels. Dans une toute autre perspective théorique, les analyses de Michel Foucault illustrent combien, même en prison ou en asile psychiatrique, le sujet doit réaliser un véritable travail pour se discipliner et se conformer aux attentes tatillonnes du pouvoir. Enfin, s’agissant du travail sur Soi, produit par les personnes, on rappellera que travailler sur Soi, pour se produire en tant qu’individu en se souciant de soi mais aussi de l’autre, possède également une longue histoire, qui démarre bien en amont de la modernité. Au fond, ces différentes analyses se rejoignent sur un point : on ne peut vraiment envisager d’effectivité du travail professionnel sans prendre en compte tout un travail informel, parfois dérisoire, parfois de l’ombre, mené par des travailleurs dans les entreprises, voire par des individus – usagers ou patients – pour tenter d’influencer leur sort. Travail, certes, bien présent, mais après tout, assez peu visible et peu reconnu au sein de pays européens édifiés autour du rapport salarial, de la négociation sociale, de la primauté des structures organisationnelles et des protections sociales. (…)

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