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Maskini Maore : précarisation des migrants à Mayotte, 101ème département Français

Lionel BURON - psychiatre, praticien hospitalier Centre Hospitalier de Mayotte

Année de publication : 2013

Type de ressources : Rhizome - Thématique : PUBLIC MIGRANT

Rhizome n°48 – Le migrant précaire entre bordures sociales et frontières mentales (Juillet 2013)

Mayotte est un petit bout de France en terre Africaine, un Outre-mer Franco-Comorien perdu au milieu du canal du Mozambique dans un océan de précarité politico-économique. L’île connaît de profondes mutations socioculturelles dans le cadre du processus de départementalisation, débuté il y a près de 40 ans.

En 1974, un 1er référendum appelle les 4 îles Comoriennes (Grande Comores, Anjouan, Mohéli et Mayotte) à décider de leur indépendance, ce que choisit une grande majorité des Comoriens. Mayotte « l’oubliée » de la période coloniale, la refuse à 63%.
En 1975, l’ONU proclame l’Union des Comores comme pays indépendant incluant Mayotte (principe d’intangibilité des frontières régissant les processus de décolonisation).
Pour de probables intérêts géostratégiques et sous la pression de politiques locaux, la France organise un second référendum en 1976 (au nom de l’autodétermination des peuples) : 99,4% des Mahorais confirment leur désir de rester dans le giron Français. Après une longue feuille de route, Mayotte accède, le 3 Avril 2011 au statut de 101ème département Français.
Les Mahorais souhaitent alors que l’Histoire s’accélère.
Dès octobre 2011, la grande grève contre la vie chère (surnommée « la révolte des mabawas [2] ») paralysa l’ile durant 44 jours et se transforma en guérilla urbaine d’une rare violence.
A travers ces événements sociaux médiatisés, la métropole découvre son 101ème département.

Mayotte, lieu de rencontres et de migrations

La singularité hybride de Mayotte semble liée à l’ambigüité socioculturelle de son histoire et à la rencontre entre deux référentiels : occidental à la Française et traditionnel Comorien sans oublier les influences culturelles malgaches et africaines arabo-musulmanes. Y cohabitent ainsi des concepts à priori antagonistes : communauté-individu, ruralité-urbanisation, surnaturel-rationnel, religieux-laïcité, polygamie-monogamie, système familial élargie-système nucléaire, école coranique-école républicaine, spiritualité-matérialisme, justice cadiale islamique-droit commun républicain. Ces dualités posent la question d’un syncrétisme possible ou impossible. Le processus d’intégration politique (assimilation juridique et économique) est vu par certain comme un fait postcolonial (Roinsard, 2012). Quoiqu’il en soit, Mayotte est un objet de projections mythiques à l’origine de parcours migratoires aussi divers que les horizons des populations concernées.

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