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Les dimensions obscures de l’activité, obstacles ou ressources ?

Philippe DAVEZIES - Enseignant chercheur en médecine du travail

Année de publication : 2013

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, SCIENCES MEDICALES, Médecine

Rhizome n°49-50 – Reconnaître l’invisible, gouverner l’imprévisible (Octobre 2013)

La question du statut à accorder aux dimensions informelles de l’activité dans le travail est de plus en plus perçue comme un enjeu. Cette préoccupation est suscitée par les dégâts liés à la façon dont les organisations actuelles traitent l’investissement subjectif au travail. Elle devrait conduire à développer des dispositifs qui permettent de faire de l’informel une ressource pour le développement individuel et collectif.

Une sollicitation accrue de la subjectivité au travail…

C’est un fait connu depuis longtemps : même sur les postes de travail à la chaîne, les salariés doivent faire bien autre chose que ce qui leur est prescrit par la hiérarchie. En effet, le travail impose toujours d’affronter une variabilité des situations dont l’ampleur dépasse les capacités d’anticipation de celui qui prescrit le travail. Avec les évolutions des organisations du travail, cet espace d’indétermination s’est largement accru. L’arrivée à saturation des marchés de premier équipement, dans les pays industrialisés, a entraîné un déplacement des ressorts de la performance, depuis les économies d’échelle que permettait la production de masse d’objets standardisés, vers la capacité à s’adapter au plus près aux variations quantitatives et qualitatives de la demande. Les conséquences en termes de travail ont été impressionnantes.

Au début des années 80, moins d’un tiers des salariés français voyaient leur rythme de travail déterminé par la nécessité de répondre à une demande extérieure (clients, patients, usagers). En 2010, cette proportion était passée à 67 % pour l’ensemble des travailleurs de l’Union européenne. Le monde du travail, y compris dans les secteurs les plus industriels, a évolué vers les modalités d’organisation des services. Or, dans une position de service, le travail est négocié et co-construit avec le destinataire. La part de travail déterminée par la hiérarchie a donc reculé. (…)

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