Vous êtes ici // Accueil // Publications // Rhizome // Rhizome n°49-50 – Reconnaître l’invisible, gouverner l’imprévisible (Octobre 2013) // La « participation profane » et son usage dans le champ de la médiation socio-sanitaire

La « participation profane » et son usage dans le champ de la médiation socio-sanitaire

Sandrine MUSSO - Anthropologue

Année de publication : 2013

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Anthropologie

Rhizome n°49-50 – Reconnaître l’invisible, gouverner l’imprévisible (Octobre 2013)

Généalogies du terme

Le terme « profane » renvoie étymologiquement à la séparation d’avec la sphère du « sacré », plus précisément à celui qui se tient devant (pro) le lieu consacré (fanum), celui de « savoirs profanes » renvoie dans la littérature anthropologique à des savoirs non institués ou consacrés par les grandes institutions, à l’instar de la distinction qu’en fait Jeanne Favret-Saada dans son ouvrage sur la sorcellerie dans le bocage normand, où « théories officielles du malheur » et « théories profanes » sont distinguées (Favret-Saada, 1977). Quelques jalons peuvent ici en être brièvement posés autour de la référence aux « profanes » dans le champ de la santé, et à la participation des mêmes profanes dans celui des politiques publiques. Le terme « profane » fut accolé à celui de la revendication d’une « expertise profane » (Epstein, 1996) dans la description et l’analyse de la participation à la discussion et aux décisions relatives à l’établissement des protocoles de recherche et d’essais thérapeutiques dans le cadre de l’activisme autour du sida. La notion de « participation profane » renvoie dès lors à un phénomène de « politisation de l’expérience » (Nguyen, 2002), lequel fut au cœur de l’histoire sociale des mobilisations en réponses sociales au sida, avant d’être intégré à la grammaire des institutions internationales et locales en charge de la lutte contre la pandémie.

Concernant la généalogie de la notion de participation, une littérature considérable couvre le champ des usages associés à l’« impératif participatif » qui, après avoir fait l’objet d’un engouement, versant parfois dans l’angélisme, dans les années 1970, souligne depuis l’ambivalence et l’instrumentalisation des dispositifs dédiés à la dite participation. C’est aussi la question même de l’expertise que certains de ces travaux permettent de questionner à nouveaux frais, notamment à travers l’évocation des « forums hybrides » autour de grands dossiers environnementaux (Callon et al, 2001), ou des politiques de développement (De Sardan, 1995). (…)

Télécharger l’article en version PDF

Publications similaires

Les lits d’accueil médicalisés (LAM) : un dispositif innovant entre soins et habitat

médiation - habiter - lit d'accueil médicalisé (LAM) - habitat - care

Guillaume MARIA - Année de publication : 2019

(Se) Faire confiance : les enjeux d’une collaboration et d’une transformation du cadre clinique en pédopsychiatrie

médiation - accès aux soins - interprétariat - parentalité - enfance - famille - allophone

Iona ATGER, Djamel KHOUAS et Stéphanie LARCHANCHE - Année de publication : 2020

Logement d’abord : des pratiques de médiation au service d’un processus de personnalisation de l’accompagnement social

médiation - habiter - rétablissement - accompagnement - logement d'abord - pouvoir d'agir