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Comment juger de la valeur d’un traitement médical et qui doit en juger ?

Aurélie TINLAND - Psychiatre - Marseille

Année de publication : 2013

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°49-50 – Reconnaître l’invisible, gouverner l’imprévisible (Octobre 2013)

La médecine préscientifique n’était pas informelle : les médecins de Molière développaient des discours savants à en être ridicules, même si leurs modes d’intervention se limitaient à des lavements et des saignées dont ils se servaient à tort et à travers. Jusqu’à la fin du 19ème siècle, améliorer les thérapeutiques consistait surtout à tempérer l’enthousiasme imprudent des médecins pour des spécialités et des traitements inutiles.

Les « réformateurs théra- peutiques »1 : la volonté de produire un savoir objectif sur la thérapeutique

La donne changea à l’aube du 20ème siècle avec l’apparition de puissantes molécules, comme l’insuline, responsable de guérisons spectaculaires. Dans un marché non encore réglementé, ces nouveaux agents thérapeutiques efficaces coexistaient avec de nombreux élixirs et pilules produits par des charlatans. Toutes les spécialités commercialisées étaient soutenues sans distinction par une publicité massive des laboratoires, d’abord en direction du public et visant à contourner l’avis du médecin, puis directement auprès de celui-ci. Constatant l’incapacité de la plupart des praticiens à distinguer les fraudes manifestes des remèdes véritables alors que la puissance et la toxicité des traitements augmentaient, une petite communauté hétéroclite émergea sous le nom de « réformateurs thérapeutiques », se donnant pour mission de faire reposer la prescription sur un savoir rationnel. Leur croyance dans la science s’accompagnait de suspicion pour les motivations commerciales des compagnies privées, coupables de « débaucher nos journaux médicaux » et « d’infecter nos manuels2 ». Le groupe se fixa des objectifs : contrôler l’introduction et la promotion de nouveaux médicaments, s’assurer que les médicaments efficaces soient mieux utilisés, et enfin réformer intellectuellement la profession médicale en suscitant une attitude critique. (…)

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