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Transmettre : un équilibre entre conduite du changement et « (re)conduite des habitudes

David CHEVALLIER - Directeur de l’Observatoire Social de Lyon (OSL)

Année de publication : 2012

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°46-47 – Compétence en humanité précaire et passage de relais (Décembre 2012)

La séance de travail touche à sa fin. Je discute avec un administrateur d’une association qui connait l’Observatoire Social de Lyon (OSL) depuis une quinzaine d’année, alors qu’il avait commandité une étude sur la mobilité et avait apprécié l’apport de l’approche sociologique dans un secteur dominé par une vision très technique. S’ensuit un échange sur l’évolution de notre bureau d’études qui m’entraîne sur les terres de la liste des études, recherches et accompagnements menées depuis 25 ans par l’OSL et sur la figure centrale de son fondateur et précédent directeur, Christian Harzo. Puisant quelques références dans le passé, je me raccroche au présent, faisant souvent le lien avec les thèmes d’études actuels, pour constater la permanence des sujets de prédilections sur lesquels l’OSL travaille.

Directeur de l’OSL depuis une année, je rencontre régulièrement c e t t e s i t u a t i o n q u i m’ e s t rapidement apparue paradoxale : devenir le porte-parole d’une histoire à laquelle je n’avais pas participé. Assurer une continuité constitue l’enjeu fondamental d’un processus de transmission. Cette continuité apparaît autant comme une capacité à conserver l’existant qu’à le modifier. En effet, toute transmission me semble être composée d’un équilibre entre conservatisme et progressisme.

La transmission porte donc en germe des conflits à partir de la tension qui existe entre conservation et changement. L’expérience que nous avons vécue à l’OSL a consisté à prendre le temps d’une transition « douce », faisant sa part à la conservation des habitudes sans compromettre les volontés d’évolution. Dans la mise en œuvre d’un processus de transmission, la dimension patrimoniale est forte.

Elle consiste en « une forme originale de production de continuité » (J. Davallon, comment se fabrique le patrimoine ? 2002). Comment rendre compte de l’héritage lorsqu’on transmet ? Nombre d’associations, d’entreprises, se vantent d’exister depuis 50 ans ou plus, mais que reste-t-il des savoirs et savoirs-faire ? Dans notre cas, l’OSL ambitionne de préserver ses richesses, issues de 25 ans de pratiques professionnelles. Pour cela, il s’est agit de (re)nommer le projet et de distinguer ce qui faisait sens, collectivement. L’OSL a pris le temps, avant mon arrivée, puis en m’intégrant dans cette réflexion, de révéler et nommer les richesses, le socle de base qui fonde notre projet et d’en traduire des pistes de travail pour le futur. Cette « mise en patrimoine » permet de figer une histoire pour la partager et se mettre d’accord sur la valeur de ce qui est confié à l’avenir. (…)

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