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L’accompagnement social ? Du temps, de l’espace et de la créativité…

Joanna DYDUCH - Assistante sociale, Médecins du Monde, Strasbourg

Année de publication : 2012

Type de ressources : Rhizome - Thématique : TRAVAIL SOCIAL

Rhizome n°46-47 – Compétence en humanité précaire et passage de relais (Décembre 2012)

« J’ai bien compris que vous ne pouviez rien faire pour moi et tant pis… Mais excusez-moi Madame de vous poser cette question : à quoi sert une assistante sociale ici en France ? ».

Oui, à quoi sert-elle si elle ne peut aider à obtenir un logement, un travail ou une aide financière, me demande ce monsieur originaire de Bulgarie. En effet, quel sens prend le travail social auprès d’une personne qui n’a pas accès aux droits français ? Peut-on parler d’accompagnement social ? Notre centre de soins accueille un public en situation précaire, n’ayant pas la possibilité de se soigner. Il s’agit en grande partie de personnes en exil, avec une autorisation de séjour temporaire ou, bien souvent, en situation irrégulière. Une aide médicale est attribuée par l’Etat sous la forme d’une enveloppe budgétaire, pour permettre aux personnes en situation irrégulière de se soigner. Cependant, sans autorisation de travail, tout autre droit reste inaccessible. Alors dans notre centre de soins, une demande dite « sociale » accompagne toujours la demande médicale, parfois même, la supplante. De fait, quotidiennement, le travailleur social explique aux nouveaux venus ce qu’il leur est possible d’obtenir mais le plus souvent, ce qui ne l’est pas. Pourtant, dans notre centre de soins, s’il est possible de formuler une demande dite « sociale », c’est bien parce qu’un « travailleur social » est lui payé pour la traiter. Le contenu d’une formation de Thérapie Communautaire Intégrative ( TCI) 1 parlait d’écoute, de groupe, de prendre soin de soi pour prendre soin des autres. Des aspects qui ne semblent pas a priori correspondre à ce que l’on attend d’une assistante sociale. Pourtant, participer à cette formation était une manière de se rapprocher de ce que nous désirions : travailler autrement. En tant que travailleurs sociaux, nous étions particulièrement touchés par la situation des femmes, sûrement parce que nous partageons cette condition féminine, mais aussi notre solitude, dans le cadre de notre travail. (…)

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