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La sociologie dans le vif de la clinique psychosociale

Christian LAVAL - Sociologue, Marseille, Lyon
Guillaume PEGON - Docteur en sociologie Psychologue clinicien de formation Handicap International
Bertrand RAVON - Professeur de sociologie, Université Lyon 2, Centre max Weber

Année de publication : 2012

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie, TRAVAIL SOCIAL

Rhizome n°46-47 – Compétence en humanité précaire et passage de relais (Décembre 2012)

En tant que sociologues chercheurs, tous impliqués à divers titres auprès de l’Orspere, nous revenons sur l’expérience publique que constitue la clinique psychosociale, ses enjeux, ses ressources et ses potentialités. Notre point de vue, précisément parce qu’il est doublement fondé sur une proximité politique et un décalage disciplinaire, a ceci de particulier qu’il permet de penser la clinique psychosociale comme le produit de controverses qu’il s’agit de continuer à faire vivre.

Lignes de force et reconfigurations

Souffrances

Souffrances Le carrefour de rencontres, de discussions et d’élaborations e n t re p r o f e s s i o n n e l s q u’ a représenté l’Orspere durant plus de 15 ans est le plus souvent interprété comme une tentative de réponse aux interrogations des années 90 qui dans la foulée du livre de Pierre Bourdieu sur la Misère du Monde, avaient hissé la souffrance psychique d’origine sociale à la hauteur d’un problème public (1). Il s’agissait en effet de renvoyer l’observation de troubles subjectifs et relationnels, d’une part, à la précarité des conditions objectives d’existence sociale (précarisation des populations, conditions de travail dégradées, logement indigne, voire vie à la rue, situation intenable des demandeurs d’asile, etc.) et, d’autre part, à des « sorties du social » (rupture de liens conséquentes au chômage, au divorce, au décès d’un proche…). Il s’agissait aussi de renvoyer cette observation à des « défaillances de l’environnement  » (violence ou carence familiale, stress professionnel, ségrégation urbaine et scolaire). Ces troubles faisaient écho à une souffrance sociale d’un nouveau type dans les sociétés capitalistes « largement moins accessibles à l’observation empirique parce qu’ils se manifestent dans le domaine psychique, de sorte que l’on ne dispose pour les appréhender que d’indicateurs cliniques » (2). Les actions qui commencent à se « faire » au nom de la clinique psychosociale et plus largement de la santé mentale participent peu à peu d’une nouvelle orientation des politiques publiques qui tend à identifier les facteurs de précarité en termes de pathogenèse ou de prodromes des troubles psychiques. Dans la foulée de ce recodage, des sociologues ont pu dénoncer ces actions au nom d’une nouvelle psychologisation des problèmes sociaux (3). (…)

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