Vous êtes ici // Accueil // Publications // Rhizome // Rhizome n°46-47 – Compétence en humanité précaire et passage de relais (Décembre 2012) // La clinique psychosociale : un objet difficile à transmettre ?

La clinique psychosociale : un objet difficile à transmettre ?

Elhadji MBAYE - Politiste, Orspere / PACTE, Grenoble

Année de publication : 2012

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sciences politiques, Psychiatrie, TRAVAIL SOCIAL, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°46-47 – Compétence en humanité précaire et passage de relais (Décembre 2012)

La question de la transmission est intrinsèque à l’ensemble des sociétés humaines, qu’elles soient orales ou écrites, avec toujours les mêmes questions : qui transmet quoi ? A qui ?

La transmission

La transmission a-t-elle un début et une fin ? N’est-elle pas un processus ? Comment transmettre ce qu’on n’a pas écrit ? Ce qui ne peut être dit ? Comment transmettre ce qu’on a perdu ? En réalité, quand on évoque la transmission, c’est que l’ascenseur ne fonctionne plus entre celui qui transmet et celui qui réceptionne. Là est aussi une question fondamentale. Si la transmission se fait souvent par des rituels, des formations, des institutions, elle peut aussi se faire « naturellement » sans qu’on ait besoin de l’annoncer. C’est cette transmission qui est la plus commune. Néanmoins, elle est d’autant plus intéressante lorsque la demande de transmission part non pas des anciens mais des nouveaux. Cela veut dire qu’il y a un intérêt à recevoir, un appel.

La transmission de la clinique psychosociale

La préoccupation sur la souffrance des patients en situation de précarité est apparue dans un contexte particulier où elle pouvait trouver un lieu de réception auprès des pouvoirs publics, de certaines catégories de psychiatres, de travailleurs sociaux et même de la population générale. Il s’agit du début des années 1990 marqué par le contexte de la publication du rapport Lazarus, la préoccupation sur la souffrance des exclus avec la loi de lutte contre les exclusions de 1998 et celle sur la Couverture Maladie Universelle ; celles des professionnels confrontés à la souffrance des patients, les initiatives locales et nationales pour échanger, partager et prendre en charge cette nouvelle souffrance (la création du Samu social, de l’Orspere…). C’est ce contexte national, influencé par un contexte international qui a favorisé l’émergence d’un nouveau référentiel en matière de prise en charge des personnes atteintes de troubles psychiques et en situation de précarité appelé la clinique psychosociale. Celleci est définie comme un lieu d’indétermination entre ce qui relève du psychique et ce qui est social. Elle permet la prise en charge de la souffrance qui n’est pas nécessairement référencée au modèle de psychopathologie psychiatrique mais qui articulent la scène de soin, celle du travail social et le rôle d’intervenants à identité multiples. (…)

Télécharger l’article en version PDF

Publications similaires

Edito

travail - précarité - langue - pratiques - parole - prendre soin

Jean FURTOS - Année de publication : 2011

La parentalité contemporaine dans le contexte de fragilité du lien social

précarité - parentalité - lien social - filiation

Jean-Pierre DURIF-VAREMBONT - Année de publication : 2009

« Docteur, j’ai mal à ma psychiatrie… »

précarité - souffrance psychique - secteur psychiatrique