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Expériences humanitaires dans un contexte post-génocide au Rwanda

Amélie SCHAFER - Chargée d'appui en Santé Mentale pour Ibuka (Rwanda)

Année de publication : 2012

Type de ressources : Rhizome

Rhizome n°43 – La mondialisation est un déterminant social de la santé mentale (Janvier 2012)

Les organisations humanitaires interviennent dans un contexte marqué par la mondialisation et participent de fait à la diffusion de normes et de standards. Au Rwanda, la société post-génocide est marquée par la perte des repères et des valeurs fondatrices. Depuis 1995, plus de 160 ONG sont présentes puisque tout est à reconstruire ou à réinventer. Entre désir de venir en aide, obligation de réconciliation et propension à diffuser des modèles venant d’ailleurs, nous verrons que la relation entre ONG et population rwandaise ne se tisse pas sans ambiguïtés.

La question des humanitaires n’est pas aisée à aborder car les ONG constituent un monde divers. Entre ceux qui interviennent dans l’urgence, dans des situations de crises majeures pour sauver des vies, ceux qui agissent pour le développement qu’on espère durable, ceux qui œuvrent pour la démocratie ou pour les principes moraux, le discours ne peut être univoque.

Pour réagir à cette problématique je m’appuierai sur mon expérience de présidente-fondatrice de Subiruseke, association d’aide aux veuves et orphelins du génocide des Tutsi du Rwanda, de chargée d’appui en santé mentale d’un programme développé par Ibuka en partenariat avec Médecins du Monde. Ibuka Mémoire et Justice a, entre autres attributions, celle d’assurer une assistance psychosociale aux rescapés du génocide, et c’est dans ce cadre que ce programme intervient.

Je rappelle que les humanitaires dont il s’agit ici interviennent dans un contexte post-génocide. En 1995, le Rwanda est un pays figé dans l’horreur. Toutes les bases qui fondent la société sont détruites, les valeurs traditionnelles n’ont plus aucune fonction. La transgression des tabous les plus fondateurs à très grande échelle est ce qui a fait la fierté des génocidaires. On est dans un monde à l’envers : les liens familiaux, les alliances par le mariage n’ont plus aucune signification puisqu’un oncle ou une tante n’ont pas épargné les neveux, les nièces, sous prétexte qu’un des parents est issu de l’ethnie à exterminer. (…)

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