Vous êtes ici // Accueil // Publications // Rhizome // Rhizome n°46-47 – Compétence en humanité précaire et passage de relais (Décembre 2012) // Comment je suis devenu un rhizome ?

Comment je suis devenu un rhizome ?

Nicolat VELUT - Psychiatre, Unité de souffrance psychosociale, CHU, Toulouse

Année de publication : 2012

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°46-47 – Compétence en humanité précaire et passage de relais (Décembre 2012)

Le rhizome est une tige souterraine horizontale poussant dans un sens et se détruisant de l’autre (Littré). On l’appelle aussi « racine traçante » : on peut effectivement imaginer la suivre à la trace et remonter ainsi, comme par « frayage », jusqu’à la « plante-mère » de ses origines. Sa position même trahit ses origines, comme s’il était à la fois plante et processus de transmission en pleine action !

La question de la transmission me semble redoutable à évoquer, car étroitement liée à celle de nos origines et de notre inscription même dans le champ du langage ; il n’y a rien de plus intime que de chercher à rendre compte de notre singularité subjective, d a n s c e q u’ e l l e é c h a p p e irréductiblement à ce dans quoi elle est par ailleurs inscrite, dès la naissance et bien avant. Elle vient ainsi questionner la subjectivité comme rapport à l’autre et à la question du désir, et invite perpétuellement à considérer la formation identitaire comme distincte et dépassant les processus de constitution du Moi. « Je est un autre » disait le poète : à quel point et à quel prix ? Comment vivre en reconnaissant la dette tout en s’en affranchissant ? La transmission n’est pas pure imitation ; il ne s’agit pas d’un simple apprentissage, encore faut-il qu’il y ait rencontre pour qu’une subjectivité puisse se dégager de ce rapport à l’autre. A tenter de rendre compte de son propre rapport à la transmission, quelque chose ainsi nous excède, tout en nous reliant à cette communauté d’humains, quelque chose qu’il faut bien accepter et qu’on appelle un symptôme.

Comment rendre compte de son symptôme ?

On ne devient pas « psy » par hasard. Aujourd’hui, avec un certain recul, je peux considérer que mes choix m’ont conduit à toujours être à côté de là où j’aurais dû, non pas tant par originalité ou par esprit de contradiction que par angoisse de me retrouver coincé dans un rapport univoque à l’objet, excluant tout recours au langage, toute alternative… (…)

Télécharger l’article en version PDF

Publications similaires

Résister à la violence

violence - addiction - résilience - psychosocial - revendication - émotion

Micha Labataille   - Année de publication : 2021

La sociologie dans le vif de la clinique psychosociale

précarité - accompagnement - professionnalité - psychosocial

Christian LAVAL, Guillaume PEGON et Bertrand RAVON - Année de publication : 2012

Aspects psychosociologiques et éthiques de l’accompagnement au logement des personnes ayant un long parcours d’errance.

logement - incurie - accompagnement - errance - psychosocial