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Attachement et mondialisation : l’infanticide, signe d’un malaise dans la parentalité

Jacques DAYAN - Pédopsychiatre, INSERM

Année de publication : 2012

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES MEDICALES, Pédopsychiatrie

Rhizome n°43 – La mondialisation est un déterminant social de la santé mentale (Janvier 2012)

Pour étudier l’attachement de la mère à son nouveau-né, dans l’extrême limite de sa défaillance, le chercheur est confronté à une difficulté majeure: comment aborder l’impact de la socialisation sur le lien le plus privé, développé dans l’intimité de la famille, voire l’intimité du corps à corps, presque anomique qui est cependant le laboratoire originaire de la socialisation de l’être humain ? Dans l’antiquité, nombre de civilisations ont fait peu de cas des nouveau-nés.

Le groupe social engendre des processus spécifiques conscients et inconscients qui relient la mère au groupe, à la parentèle, au voisinage et à l’ensemble du groupe social dans lequel elle est incluse, quand elle accouche. Elle est incluse dans un système de réseaux où sa place est en quelque sorte attendue ou acquise. Ceux-ci déterminent ou facilitent des actions qui l’aident à accueillir le bébé. En leur absence il lui est difficile de faire naître un enfant dans le groupe social, a fortiori, il est parfois exigé d’elle qu’il y renonce. Cet avis n’a pas toujours à être formulé explicitement, de nombreux signes l’attestent. A la croisée de plusieurs ordres de détermination, il est difficile de tracer des règles générales de l’attachement sans simplification excessive, sans réduire excessivement la complexité des situations aussi bien individuelles que sociales et les figer à travers le temps, comme s’il pouvait exister une fin de l’histoire. Toutefois nous pouvons essayer de dégager des tendances concernant les processus d’attachement de la mère à son enfant.

Dans un sens restreint l’attachement a été décrit comme une modalité du lien pulsionnel qui relie le bébé à sa mère, la modalité inverse sous le terme de bonding a d’abord été décrite par les éthologues. Du style d’attachement du bébé il a été retenu plusieurs modalités dont les deux principales sont secure et insecure, fiable ou non fiable. Ces modalités ont pu être mises en relation avec les modalités d’attachement de la mère à sa propre mère et avec les styles d’éducation parentale. Les facteurs de variabilité de la reproduction du mode d’attachement ont été étudiés surtout en terme psychologique, peu en termes sociaux ou économiques. Ils sont appliqués surtout à des modalités stables de lien, pour un public consentant à l’enquête. Ce type d’enquête, bien que ne l’ignorant pas, aborde toujours insuffisamment la face cachée de l’attachement : l’ambivalence maternelle, l’absence ou la régression du processus d’attachement, le déni, le foeticide et l’infanticide. (…)

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