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La demande d’HDT portée par l’intervenant social : matière d’humanité

Camille BOUVIER - Responsable Adjointe des Accueils de jour du Foyer Notre Dame des Sans- Abri

Année de publication : 2011

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, TRAVAIL SOCIAL, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°42 – L’Age post-thérapeutique (Septembre 2011)

Avec l’augmentation du nombre de personnes à la rue ayant des troubles psychiques, les intervenants des accueils de jour ont tendance à s’habituer à cette souffrance.

« C’est normal que Mr X crie tout seul, que Mme Y se tape la tête contre les murs et que Mr Z dise être persécuté toute la journée … »

Ne pas banaliser, ne pas s’habituer à cette souffrance qui fait partie de notre quotidien reste, pour nous les accompagnants, un enjeu majeur.

La demande d’une HDT[1] est pour moi un acte humain qui signifie à la personne que je ne peux plus accepter de la voir souffrir autant. C’est aussi une manière de lui dire que je crois en elle et qu’elle peut être différente de celle que je vois devant moi.

Après avoir été à l’initiative de plusieurs HDT, je constate des effets positifs et un mieux-être pour les personnes. Certaines d’entre elles ne se souviennent plus de ce qui s’est passé, d’autres remercient le service d’avoir fait cela pour elles : « merci, je n’étais pas dans mon état normal ».

Lors des périodes de crise, les personnes sont souvent très éclatées et cherchent vraiment à être contenues. Par exemple, certaines n’ont plus aucune notion des lieux, du temps, de l’espace…, pourtant elles parviennent à venir à l’accueil tous les jours ! D’autres tentent de nous faire « peur » en nous racontant des histoires violentes comme pour nous mettre en garde de ce qu’elles seraient capables de faire (insultes, violence..°) On entend alors que derrière cette « provocation » se cache un réel appel au secours. Ces personnes sèment des « SOS» un peu partout où elles passent. Curieusement, je me suis rendu compte qu’elles ne les semaient que là où elles avaient confiance. J’ai vu des gens délirer à l’accueil de jour et se tenir à peu près correctement dehors. (…)

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