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Le corps en acte : Temps du corps et temps de la vie à l’adolescence

Pascal ROMAN - Psychologue, Psychothérapeute, Professeur de psychologie clinique, psychopathologie et psychanalyse, Laboratoire LARPsyDIS - Institut de Psychologie, Faculté des Sciences Sociales et Politiques, Université de Lausanne (Suisse)

Année de publication : 2010

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie

Rhizome n°38 – Pourquoi les adolescents inquiètent-ils les adultes ? (Avril 2010)

Comment envisager l’avenir dans un corps en pleine mutation à l’adolescence ? Comment, en référence aux propositions de Philippe Jeammet, se projeter dans cet autre qui advient, tout en conservant un sentiment d’identité suffisant ? Devenir un autre tout en demeurant le même ? En d’autres termes, dans le contexte d’instabilité somato-psychique de l’adolescence, quelles seraient les conditions pour une inscription dans un temps à venir suffisamment approprié par l’adolescent ?

J’ai proposé de considérer le temps de l’adolescence comme le temps privilégié des « corps en acte ». En effet, l’événement pubertaire, ou « traumatisme pubertaire » pour suivre la formulation de Philippe Gutton, ouvre sur une mobilisation singulière du corps. L’adolescent se trouve ainsi contraint, du dedans pourrait-on dire, à une série de transformations physiologiques auxquelles il ne peut que souscrire, passivement. Bien souvent, la seule issue de l’adolescent consiste à procéder à un retournement de cette passivité subie (on parle de « passivation ») en son contraire, l’activité. Le corps de l’adolescent, mu par l’exigence pulsionnelle, va trouver différentes modalités de « corps en acte », qui lui permettront une forme de compromis face à la radicalité de l’irruption pubertaire. Soulignons ici que cette irruption, si elle introduit la dimension de la temporalité psychique, constitue également, nous l’avons rappelé, une expérience traumatique qui, par essence, brouille les repères de la temporalité. En d’autres termes, là où le traumatisme pubertaire envahit la vie psychique, l’inscription temporelle de l’adolescent se trouve prise en défaut. On pourrait parler d’une forme de collapsus temporel, court-circuitage et/ou écrasement de la différenciation chronologique des temps de l’enfance et des temps de l’adulte, dont témoigne en particulier la clinique des adolescents engagés dans des agirs sexuels violents[1]. (…)

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