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Le New Public Management est-il bon pour la santé ?

Philippe CHANIAL - Sociologue, Université Paris-Dauphine (IRISSO), Secrétaire de la Revue du MAUSS

Année de publication : 2009

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Santé publique, Sociologie

Rhizome n°36 – Le Nouveau Management Public est-il néfaste à la santé mentale? (Octobre 2009)

A l’évidence, les nouveaux modes de gestion ou de management ne semblent guère bons pour la santé, notamment des salariés. Certains sociologues ont même suggéré récemment que si nos sociétés étaient malades, elles étaient avant tout malades de la gestion[1]. Pour autant, un sociologue n’est pas un médecin du social. Tout au plus peut-il esquisser des diagnostics. Souvent très généraux, surtout lorsque, tel est mon cas, il ne peut revendiquer aucune spécialité, bref lorsqu’il n’est qu’un simple généraliste. C’est ce que je vais tenter, sans filet, en synthétisant quelques recherches récentes sur les évolutions contemporaines du monde de santé.

Continuons de filer cette métaphore, un peu facile, de la maladie. En quoi peut-on dire que nos sociétés contemporaines sont malades de la gestion ? L’actualité nous en présente des symptômes certes complexes mais inquiétants. Nous pensons tous, je l’imagine, aux suicides de France-Télécom. Il ne s’agit pas ici, ce serait indécent, de faire parler les morts. Néanmoins, comme le montre Gildas Renou dans un article lumineux[2], il n’est pas absurde de se demander si l’antipathie n’est pas devenue une forme de compétence professionnelle valorisée dans le nouveau management de certaines grandes entreprises. L’antipathie, précise l’auteur, n’est ni la méchanceté, ni l’aversion, mais plutôt une « indifférence délibérée et apprise, une volonté de ne pas partager d’affects avec autrui ». Ainsi peut-elle consister, par exemple, à considérer qu’une violence psychique envers un subordonné qu’elle n’est rien sinon, selon le jargon managérial, « la contrepartie nécessaire d’un objectif opérationnel de réorganisation absolument capital à l’entreprise ». Savoir fermer les yeux et les oreilles à la souffrance d’autrui, savoir cacher les existences humaines meurtries derrière des ritournelles souriantes et aseptisées : productivité, efficacité, compétitivité, excellence, modernisation, leadership etc. , autant de grandes qualités propres à ouvrir de belles perspectives de carrière… (…)

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