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Retour sur expérience : l’évolution du travail clinique avec les délinquants sexuels, dans le contexte belge

Christine KEPT - Psychologue, Bruxelles.

Année de publication : 2008

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie

Rhizome n°33 – Prendre soin de la professionnalité (Décembre 2008)

En démarrant ma vie professionnelle, je disposais d’un diplôme universitaire en psychologie, de deux diplômes complémentaires (l’un en philosophie, choisi pour disposer d’un outil critique par rapport à ma formation de base ; l’autre en sexologie clinique, qui m’intéressait par l’approche radicalement interdisciplinaire qu’il proposait pour aborder cette dimension fondamentale de l’être humain) et d’un troisième cycle qui privilégiait l’apprentissage des techniques et méthodes de recherche.

Depuis 20 ans, mon travail de psychothérapeute s’inscrit dans le cadre d’une consultation générale pluridisciplinaire dans un Centre de Santé Mentale sectorisé[1] à Bruxelles.

La patientèle recouvre toutes les catégories sociales mais avec une forte représentation de la population précarisée et/ou issue de l’immigration. Il s’agit d’une consultation « tout-venant », accueillant toutes les situations cliniques.

Mes débuts au Centre me laissèrent l’impression d’entrer dans la jungle du quotidien des patients. A côté de « psys » et de travailleurs sociaux au style d’explorateurs « livingstoniens », opéraient des psychothérapeutes réservés et sérieux, qui considérèrent ma neutralité scolastique plutôt suspecte et me la renvoyèrent comme un manque de formation.

Je ressentis moi-même assez vite le besoin de disposer d’un outil théorique approfondi et cohérent pour mener des suivis au long cours. Les grands courants psychothérapeutiques m’apparaissaient de plus en plus utiles et réducteurs à la fois. Seule, la philosophie semblait pouvoir me sortir de l’impasse. C’est ainsi que j’ai opté finalement pour la phénoménologie clinique et philosophique qui ne m’a plus quittée. (…)

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