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Les « classes moyennes », au miroir déformant des politiques publiques,

Virginie GIMBERT - Chargée de mission au Centre d’analyse stratégique, Chercheuse associée à l’Institut de Sciences sociales du Politique

Année de publication : 2008

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sciences politiques

Rhizome n°31 – Reconnaitre les discriminations, dépasser le déni (Juillet 2008)

« Classes moyennes », de qui parle-t-on ?

Régulièrement présentes dans les discours médiatiques ou politiques, les classes moyennes désignent les ménages et les groupes sociaux qui n’appartiennent ni aux classes les moins favorisées, ni aux classes « supérieures » : elles se situeraient entre les deux. Cette définition en creux et le fait que cette expression soit souvent utilisée au pluriel soulignent la variété et l’hétérogénéité des situations objectives et des perceptions subjectives auxquelles elle peut renvoyer.

Trois principaux critères peuvent cependant être retenus pour définir ces groupes intermédiaires. Le premier est subjectif : il consiste à prendre au sérieux les perceptions des individus quant à leur propre position dans l’échelle sociale. Le second renvoie à la profession et au mode de vie adopté. Le dernier critère, de nature économique, s’appuie sur le niveau de revenus. A partir de ce critère de revenus, de multiples définitions peuvent être retenues[1]. A titre d’illustration, l’Observatoire des inégalités considère que les classes moyennes regroupent les 40 % de salariés au milieu de la distribution de revenus (au-dessus des 30 % les moins payés et en dessous des 30 % les mieux payés), soit des salaires nets compris entre 1200 et 1840 euros (temps plein). Jean-Michel Hourriez, économiste à l’INSEE, choisit quant à lui de s’appuyer sur la structure des revenus pour identifier les classes moyennes : pour celles-ci, les salaires et les retraites représentent la quasi-totalité des ressources[2]. Elles regroupent ainsi les individus situés au-dessus des 30 % les plus pauvres et en dessous des 10 % les plus riches[3], soit ceux qui ont des revenus mensuels compris entre 1460 euros et 4130 euros. De nombreuses approches tentent de combiner ces différents critères de définition : par exemple, Louis Chauvel considère que les classes moyennes regroupent les salariés ayant un revenu proche du salaire moyen, qui ont une position sociale au milieu de la hiérarchie (notamment les « professions intermédiaires ») et qui, enfin, se définissent par un sentiment positif d’appartenance à cette catégorie[4]. (…)

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