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L’asile en personnes

Claudine FARINA - Assistante sociale au Centre d’Accueil et d’Orientation de Lyon

Année de publication : 2008

Type de ressources : Rhizome - Thématique : TRAVAIL SOCIAL, PUBLIC PRECAIRE

Rhizome n°32 – Lieux d’asile en milieu hostile (Octobre 2008)

J’ai consacré une partie de ces trois dernières années à réaliser un travail de recherche auprès d’usagers et de professionnels d’accueils de jour lyonnais. L’objectif était de comprendre le paradoxe suivant : pourquoi l’analyse des trajectoires de vie des personnes sans abri montrait à la fois l’absence quasi-systématique de liens personnels et la présence d’un lien stable et durable avec un professionnel de l’action sociale.

Une partie des résultats à mis en lumière une place et une fonction originale des accueils de jours. Ces lieux, pourtant uniquement accessibles en journées et hors week-end, ont une fonction asilaire, elle-même créée par la mise en place d’un espace transitionnel.

Pour arriver à ce résultat, je me suis d’abord intéressée à l’enfance des personnes sans abri. Chacune décrivait une enfance carencée, faite de successions de ruptures et d’abandons. Rares étaient celles venant d’un milieu familial stable. Leurs récits évoquaient une impossibilité psychique d’intégrer un modèle répondant au besoin interne de se sentir rassurées. Le résultat de cette absence de base sécurisante est qu’enfants, puis adultes, elles étaient sans cesse tiraillées entre la peur d’être abandonnées et l’envie de se laisser aller à l’attachement.

Savoir cela m’a permis de comprendre la difficulté à être et à rester en lien présente chez de nombreuses personnes sans abri. Cependant, j’ai aussi observé la présence d’un attachement durable avec un accueil de jour.

Dans ces lieux, les personnes sont accueillies telles qu’elles sont. Ils sont fréquentés par celui qui dort dehors depuis 15 ans, celle qui vient de vivre sa première nuit dans un accueil d’urgence, celui dont la pathologie mentale est fortement apparente… (…)

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