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La fin de l’asile ? Un parcours d’indésirables

Michel AGIER - Anthropologue à l'IRD et Directeur d'études à l'EHESS

Année de publication : 2008

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Anthropologie, PUBLIC MIGRANT

Rhizome n°32 – Lieux d’asile en milieu hostile (Octobre 2008)

L’image du réfugié dans le monde occidental s’est profondément modifiée depuis les années 1930 et 1950. Les dimensions intellectuelles ou politiques de l’exil étaient alors valorisées et enclenchaient des solidarités fortes et partisanes envers les vagues de réfugiés espagnols, juifs, hongrois ou russes. Les années 1980 et 1990, elles, ont été les années des « déplacements de populations », des foules massives et dépersonnalisées marchant le long des routes, balluchon sur la tête et enfant dans le dos, ou entassées dans d’immenses camps de fortune, principalement en Afrique et en Asie. Ainsi se multiplièrent les passages de frontières par des hordes anonymes de fuyards déroutés : cette nouvelle situation a justifié l’attribution collective et dans l’urgence – par la procédure dite de prima facie [2] – du statut de réfugié. Dans ce cadre, les solidarités politiques ont progressivement laissé place aux inquiétudes suscitées par ces masses en mouvement, en errance, perçues certes comme des masses de « victimes », mais tout autant comme des populations surnuméraires et indésirables.

La figure du « déplacé interne » (IDP, Internally Displaced Person) est apparue dans les années 1990 au sein des grandes institutions internationales, en même temps que la gestion des réfugiés hors de leur pays entrait dans une période critique, notamment en Afrique. Depuis, le nombre de IDPs comptabilisés n’a cessé d’augmenter, atteignant aujourd’hui de 25 à 30 millions de personnes dans le monde, contre onze millions de réfugiés officiellement reconnus en 2007. Or, à la fin des années 1990, on assiste à l’introduction du concept d’« asile interne » (dit aussi « asile sur place ») dans les discussions des politiques européennes de contrôle des migrations, lorsque les États européens et les agences onusiennes discutent des stratégies d’externalisation de la procédure de l’asile. (…)

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