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Confrontation entre professionnels et usagers : vers une modification de la pratique en Italie

Angelo BARBATO - Psychiatre, Chercheur à l’Unité d’Épidémiologie et Psychiatrie Sociale, Institut Mario Negri, Milan.

Année de publication : 2008

Type de ressources : Rhizome - Thématique : Psychiatrie, TRAVAIL SOCIAL, SCIENCES MEDICALES

Rhizome n°33 – Prendre soin de la professionnalité (Décembre 2008)

La psychiatrie italienne a vu des transformations très importantes entre le début des années soixante-dix et le début des années quatre-vingt, par le décentrement de l’assistance de l’hôpital psychiatrique vers la communauté, même si la fermeture finale des hôpitaux psychiatriques a été achevée seulement à la fin de l’année 2000. (Chapireau, 2008). Ces transformations ont entraîné aussi des changements significatifs dans la composition professionnelle des services.

Jusqu’à la fin des années soixante-dix, les équipes psychiatriques étaient presque entièrement composées de médecins et infirmiers. La présence des autres professions socio-sanitaires était très faible. L’arrivée des psychologues sur la scène des services a été très tardive en Italie par rapport aux autres pays de l’occident industrialisé, à cause de la situation très arriérée de l’université, longtemps influencée par les effets de la réforme fasciste de Gentile du 1923, qui avait marginalisé la psychologie, considérée comme une « philosophie de deuxième rang ». Le premier cours de licence en psychologie a été ouvert en 1971 et la première Faculté de Psychologie seulement en 1991.

Dans ce contexte, un groupe de psychiatres a alors pris la tête d’un mouvement de renaissance dont le résultat a été paradoxal: Le changement institutionnel basé sur la contestation du mandat social de la psychiatrie a été dirigé par des représentants du pouvoir psychiatrique au plus haut niveau. Cela explique que la révolution copernicienne de Basaglia et de ses disciples, en dépit des analyses superficielles de plusieurs observateurs (Lantéri-Laura, 2002; Rissmiller et Rissmiller, 2006) n’a jamais pris une direction anti-psychiatrique, tel que cela est arrivé par exemple en Angleterre avec Laing et surtout Cooper (Tantum, 1991). On pourrait définir la révolution psychiatrique italienne comme octroyée, en ce qui concerne plus spécifiquement le rôle des usagers des services. En effet, elle a été conduite par une élite de directeurs d’asile éclairés, qui jouissaient d’un grand pouvoir institutionnel et qui ont utilisé ce pouvoir pour introduire des changements radicaux. (…)

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