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Asile et refuges : deux notions bien distinctes dans le contexte québécois

Shirley ROY - Professeure titulaire en sociologie, UQAM, Directrice scientifique du CRI (Collectif de recherche sur l’itinérance la pauvreté et l’exclusion sociale)
Carolyne GRIMARD - Candidate au doctorat en sociologie, UQAM, Chercheure au CRI

Année de publication : 2008

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Sociologie, TRAVAIL SOCIAL, PUBLIC PRECAIRE

Rhizome n°32 – Lieux d’asile en milieu hostile (Octobre 2008)

Le terme Asile, renvoie à diverses définitions. Au Québec, ce terme a historiquement été associé à un lieu d’internement et d’enferment psychiatriques : l’asile des fous. Dans les années 1970, la vivacité des débats et la fermeté des actions menant à la désinstitutionalisation des hôpitaux psychiatriques ont rendu ce terme quasiment «hors d’usage»; désormais, il est plutôt réservé aux demandes d’«asile politique». Ainsi, contrairement à la France, on n’utilise pas le terme «asile de nuit» pour désigner les lieux qui accueillent les personnes itinérantes (SDF); on parle plutôt de refuges, de maisons d’hébergement, de ressources ou d’organismes communautaires d’hébergement[1].

Pour bien saisir l’organisation de l’aide aux personnes itinérantes au Québec, il faut rappeler le rôle central joué par le réseau communautaire. Celui-ci a historiquement constitué une force de revendications qui s’est développée au croisement des mouvements caritatifs, politiques et populaires en lien avec les mouvements syndicaux davantage corporatifs. Au milieu des années 1960, il devient un allié objectif d’un État-Providence en construction, principalement pour ce qui est de l’offre de services car il apparaît plus collectif, décentralisé et surtout moins coûteux. Depuis ce temps, le réseau des ressources en itinérance s’élargit. La qualité de son expertise, l’efficacité des services offerts en raison de sa souplesse, de sa diversité et des compétences multiples de ses intervenants l’imposent comme un acteur central et incontournable. Depuis, l’accueil des personnes itinérantes se fait à travers un ensemble de ressources caritatives, communautaires et institutionnelles constituées en réseau organisé autour de trois critères : le genre, la durée du séjour et le degré d’urgence des situations.

Le réseau est historiquement basé sur le genre. Pour ce qui est de l’hébergement, on reçoit, soit des hommes, soit des femmes; les ressources mixtes sont à toute fin pratique inexistante. Par ailleurs pour les autres types de ressources, même si la pratique majoritaire est la séparation des sexes, certaines accueillent tout de même des hommes et des femmes. (…)

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