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Alliances inconscientes et interdits de penser

René KAËS - Psychanalyste, Professeur émérite de psychologie Université Lumière Lyon II

Année de publication : 2008

Type de ressources : Rhizome - Thématique : SCIENCES HUMAINES, Psychologie

Rhizome n°31 – Reconnaitre les discriminations, dépasser le déni (Juillet 2008)

Les alliances sont probablement coextensives au processus d’hominisation. Elles sont la dimension anthropologique des liens interindividuels et sociaux. Elles en sont la matière même, le fondement. Pour faire lien, nous devons nouer et sceller entre nous des alliances dont la fonction principale est de maintenir et resserrer (contracter) nos liens, d’en fixer les enjeux et les termes, et de les installer dans la durée. Les alliances se constituent et produisent leurs effets de lien dans différents champs de l’expérience humaine : au niveau psychique, interpersonnel, social, religieux, politique, etc. Elles se déclinent dans diverses catégories : pactes, contrat, accords, ligues, coalitions…

Parmi les alliances, certaines sont conscientes, d’autres inconscientes Les alliances sont inconscientes, au sens où elles sont produites par des sujets qui ont, pour se lier, un intérêt conjoint à maintenir hors conscience certains effets du refoulement ou du déni ou du rejet : ces opérations sont nécessaires à chacun et au maintien de leur lien. Chacun d’entre nous, pour former un couple, vivre dans une famille, se lier dans un groupe ou une institution, a besoin de l’autre – de plus d’un autre – pour réaliser ceux de ses désirs inconscients qui sont irréalisables sans la participation de l’autre, et pour trouver chez les autres un appui, un renfort à ce dont il doit lui-même se protéger et se défendre contre des dangers internes. Cela implique qu’il s’allie à ce qui chez l’autre sert des intérêts identiques. Les alliances inconscientes forment ainsi l’espace psychique commun et partagé dans lequel se nouent un intérêt majeur des sujets pour ne pas savoir ce qui les lie les uns aux autres dans leur lien (et permet dans de nombreux cas de raconter un roman familial suffisamment crédible et idéalisé). (…)

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